Vitrines brisées, fumigènes, barricades en feu: tensions à Nantes lors de l'hommage à Steve Maia Caniço

Tensions à Nantes lors de l'hommage à Steve Maia Caniço

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03 août 2019 à 10:00 - mise à jour 03 août 2019 à 14:20Temps de lecture4 min
Par AFP

Elles étaient attendues et les tensions sont bien arrivées à Nantes ce samedi. Une manifestation s'est tenue suite à des appels à manifester en hommage à Steve Maia Caniço et contre les violences policières. La famille du jeune garçon n'a toutefois pas soutenu cette mobilisation et le centre de la ville a été interdit aux manifestants par la police.

Plusieurs centaines de personnes ont défilé samedi pour dénoncer les "violences policières" et des tensions ont opposé manifestants et forces de l'ordre, après un premier rassemblement à la mi-journée en hommage à Steve Maia Caniço, disparu durant une opération policière controversée. 

Ce rassemblement, à l'appel de "Nantes révoltée", a démarré à proximité immédiate du périmètre interdit par les autorités dans le centre-ville de Nantes. "Tout le monde déteste la police", scandaient les manifestants, dont certains sont allés directement au contact des forces de l'ordre, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Dégradations, flammes et vitrines fracassées

Les premiers incidents se sont produits vers 14h devant la préfecture de Loire-Atlantique, certains manifestants, habillés de noir, cherchant à entrer dans la cour du bâtiment. Les
policiers ont répondu en tirant des grenades de gaz lacrymogène pour les disperser.

Du mobilier urbain a été dégradé. Des manifestants ont érigé en début d'après-midi des barricades avec des chaises et des barrières dans le Cours Saint-André. Certaines ont été incendiées, tout comme des palettes qui se trouvaient dans un chantier.
 

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Les débordements se sont poursuivis près du château des ducs de Bretagne, où des vitrines de commerçants ont été taguées et fracassées. Les manifestants sont ensuite revenus près de la place du Commerce où ils ont à nouveau érigé des barricades qu'ils ont enflammées avant de se disperser.

A l'arrivée du cortège devant la préfecture, les forces de l'ordre ont eu recours aux lances à eau et les premiers tirs de grenades lacrymogènes ont été entendus. Des manifestants ont notamment mis le feu à des chaises. 

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Une première partie de journée dans le calme

Une longue minute d'applaudissements suivie d'une minute de silence en hommage à Steve : plusieurs centaines de personnes, certaines avec un brassard noir, se sont retrouvées dans une émotion palpable près de la grue jaune, à proximité du lieu où le corps du jeune homme de 24 ans.

Des bouquets de fleurs à la main, des fleurs blanches ou roses jetées dans le fleuve, des drapeaux avec le symbole de "paix", des pancartes "où est la justice pour Steve?": derrière une grande banderole avec le portrait de Steve et l'inscription "Interdits de vivre", des jeunes parents avec des poussettes, des enfants à vélo, des personnes de tous âges ont exprimé leur volonté de rendre hommage à l'animateur périscolaire, disparu dans la nuit du 21 au 22 juin lors de la Fête de la musique, marquée sur les bords de Loire par une intervention controversée des forces de l'ordre dont le rôle suscite également beaucoup d'interrogations chez les participants.  

La mort de Steve "a été un choc personnel", explique Clémentine, 25 ans, venue à vélo et qui, comme toutes les personnes interrogées par l'AFP, a refusé de donner son nom de famille.

Tout en précisant avoir "des gendarmes et des militaires" dans sa famille, cette jeune Nantaise entend "protester contre les violences policières". "On matraque des gens qui s'amusent, on leur envoie des lacrymos, on envoie des chiens (...) Moi, je respecte les policiers mais leur métier, c'est de maintenir les gens en sécurité, pas de les mettre en danger". "Là, on parle d'une répression des mouvements sociaux qui s'étend à la vie quotidienne et ça prend une toute autre ampleur", considère-t-elle.

À l'endroit où son corps a été retrouvé

"Pour Steve - contre les violences policières", c'est sous ce slogan qu'a débuté une marche sur l'île de Nantes aux alentours de 11h. Ce lieu a été choisi pour sa proximité avec l'endroit où le corps de cet animateur périscolaire de 24 ans a été retrouvé lundi dans la Loire. Selon plusieurs sources sur les réseaux sociaux, ils sont un peu plus de 300 à être réunis aux alentours de midi.

Steve Maia Caniço avait disparu dans la nuit du 21 au 22 juin lors de la Fête de la musique, alors qu'il assistait à un concert en bord du fleuve, où les forces de police étaient intervenues. Durant cette nuit, plusieurs personnes étaient tombées dans l'eau. Des participants avaient raconté avoir été aveuglés par le gaz lacrymogène.

Gilets jaunes interdits

Une "manifestation contre les violences policières" doit, elle, commencer vers 13h à la station Commerce, dans le centre-ville, à proximité immédiate du périmètre interdit par les autorités.


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Sont également interdits "le port et le transport, sans motif légitime, d'objets pouvant constituer une arme", dans une ville qui n'a pas été épargnée par des dégradations et des violences lors des manifestations des "gilets jaunes".

Dans un appel à manifester vindicatif, "Nantes révoltée" demande de manifester parce que les policiers "tirent des grenades pour arrêter des chansons" et "parce que l'attaque policière de la Fête de la musique n'est que l'aboutissement d'années de violences et d'impunité pour les forces de l'ordre".  

Débordements à Nantes lors de l'hommage à Steve

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