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Economie

Une résidence services en partenariat public privé, une première pour la Wallonie

C'est au coeur du village de Maret dans l'entité d'Orp Jauche qu'à été construite la première résidence services wallonne en partenariat public privé.
04 juin 2014 à 05:51Temps de lecture2 min
Par Michel Visart

Nous sommes dans l'est du Brabant wallon, au coeur d'un village campagnard très calme, dans un parc de deux hectares. L'Association Eugène Malevé y exploitait déjà une maison de retraite de 67 lits. Ses responsables ont imaginé d'y adjoindre une résidence service pour ceux que l'on appelle les jeunes seniors.

Un long bâtiment rouge brique avec 30 appartements d'une chambre, tout beaux, tout neufs, avec vue sur le jardin. Et une première occupante, un peu seule qui attend ses voisins avec impatience.

100 % clé en main

L'originalité de ce projet, c'est qu'il a été construit en PPP, en partenariat public privé. C'est apparemment une première en Wallonie pour une résidence service.

Quand le projet est né, les responsables de l'association ont privilégié cette formule au financement classique. Nicolas Fruy est spécialiste de l'immobilier chez Belfius Banque. Il explique comment fonctionne ce PPP: "Le principe est que le soumissionnaire se charge non seulement de la conception de la construction, mais aussi du financement et de l'entretien. Donc cela ne consiste pas seulement à réaliser un bâtiment mais il faut vraiment s'assurer qu'il soit disponible tout au long de la location, soit pendant 27 ans. Pendant cette période, s'il y a des travaux à réaliser, des pièces à remplacer, cela doit être fait dans un certain délai et si nous ne le respectons pas, il y a des astreintes".

C'est donc un clé en main intégral de la conception à la maintenance complète pendant 27 ans. La formule est évidemment pratique, mais elle est aussi assez coûteuse. Un service aussi complet facilite le travail, mais il se paie. Chaque année, l'association devra payer 390 000 euros à Belfius, c'est évidemment plus cher qu'un financement traditionnel.

Avec une conséquence directe sur le prix demandé aux futurs occupants. Alain Gossia est l'administrateur délégué de l'Association Malevez: "Il ne faut pas voiler la vérité. Etant donné que les coûts d'exploitation et du remboursement sont plus chers, cela nous a effectivement amenés à demander des prix un peu plus élevés qu'avec un financement classique. L'intention n'est évidemment pas de voler les futurs locataires. Nous essayons simplement d'atteindre le point d'équilibre".

Un couple de deux seniors occupant un appartement paiera 1500 euros par mois.Une personne isolée 1350. Rappelons qu'il s'agit d'une résidence service.Les repas, par exemple, ne sont pas compris dans ce tarif.

Le bon système?

L'expérience est récente, mais est-ce que cela marche? La question est posée et elle reste encore sans réponse. Le projet est beau, l'endroit superbe si l'on apprécie le calme, mais les candidats ne se pressent pas au portillon. D'où une certaine inquiétude des responsables de l'asbl qui seront en dessous de leurs objectifs cette année.

Pas de stress par contre du côté de Belfius. Normal: la commune d'Orp Jauche s'est portée garante. Mais la banque ne semble pas très chaude à l'idée de répéter ailleurs une telle opération de partenariat public privée. La rentabilité du projet serait à peine supérieure à celle d'un financement traditionnel pour un travail autrement plus conséquent.

Michel Visart