Un jeune sur cinq souffre de troubles de la santé mentale: rencontre avec un réseau namurois qui leur vient en aide

Un jeune sur cinq souffre de troubles de la santé mentale: rencontre avec un réseau namurois qui leur vient en aide
07 oct. 2019 à 14:30 - mise à jour 07 oct. 2019 à 14:30Temps de lecture3 min
Par Maïté Warland

La semaine de la santé mentale est organisée cette semaine, pour la 5ème année consécutive. A cette occasion, focus sur un réseau particulier : le réseau santé Kirikou, qui regroupe, en Province de Namur, tous les professionnels du secteur pour une meilleure organisation, et surtout une meilleure qualité de soins aux enfants et adolescents souffrants de troubles de la santé mentale.

" La plus-value de notre réseau c’est que tous les acteurs de la chaîne se connaissent et apprennent à travailler ensemble", explique Didier de Vleeschouwer, coordinateur au réseau Kirikou. "Vous avez des acteurs de santé mentale en pédopsychiatrie, vous avez des acteurs spécialisés dans l’éducatif, le scolaire, l’aide à la jeunesse, le handicap, des maisons de jeunesse aussi… Donc tous ces acteurs auxquels ces jeunes en difficultés sont confrontés collaborent au mieux pour répondre à leurs besoins. Ces besoins ne sont pas seulement psychiques, ils sont aussi sociaux etc. on doit aussi travailler au plus près des familles et au plus près du milieu de vie des jeunes de 0 à 23 ans. "

Une collaboration accrue mise en place il y a un peu plus de trois ans et qui commence à porter ses fruits au sein du réseau namurois. Il faut dire que le défi est de taille, selon l’Organisation Mondiale de la Santé, 1 jeune sur 5 souffre de trouble de la santé mentale : "Ces souffrances sont plus ou moins fortes", explique Didier de Vleeschouwer,"cela va du trouble psychiatrique à des problèmes psychosociaux jusqu’aux troubles de phobies scolaires. Ca peut être un jeune qui a un épisode une fois, une crise, dans le cas d’une tentative de suicide par exemple. Mais ca peut être aussi des jeunes qui doivent être suivis sur le long terme."

Les enfants plus jeunes, moins vite pris en charge

Si tout semble bien se mettre en place, notamment grâce à des équipes mobiles qui se déplacent directement chez les jeunes en crise, il reste quelques bémols.

L’un d’entre eux est la prise en charge des jeunes enfants, de 0 à 6 ans : "La détection des problèmes psychiques, est plus difficile chez les enfants de 0 à 3 ans ou les enfants de 0 à 6 ans." Pourquoi ? "Parfois parce que les problèmes ne sont pas toujours remontés vers des centres de soin de santé mentale par les acteurs de terrains, pas assez vite en tout cas." Et pourtant c’est une période justement primordiale pour détecter et aider les enfants : "Le psychisme est en construction à cet âge-là et ce sont les premières bases de la sécurité psychique". Le secteur aimerait donc qu’une attention particulière soit apportée aux plus jeunes : "On ne dénonce pas mais on souhaiterait que l’on puisse investir dans ce domaine. C’est dans le projet de la nouvelle politique de santé mentale, mais ce n’est pour l’instant qu’un projet", regrette Didier de Vleeschouwer.

Une prise en charge et une intégration du patient dans le processus

Dans un avis du conseil supérieur de la santé de juillet dernier, le conseil constate que " Les problèmes de santé mentale constituent l’une des menaces principales pour la santé des jeunes âgés de 12 à 25 ans. Les estimations parlent d’une prévalence d’au moins 20% de troubles psychiques à cet âge." Le conseil demande donc au secteur d’intégrer dans les prises en charge, le jeune patient lui-même : " Une meilleure participation des enfants et des jeunes pourrait contribuer à améliorer l’accessibilité, la qualité et l’efficacité des soins. Considérer l’enfant comme un participant permet en effet de répondre à ses besoins fondamentaux tels que définis par la théorie de l’auto-détermination (autonomie, compétence, appartenance), ce qui améliore son bien-être."

Le secteur reconnaît que cette dimension est primordiale, mais souvent compliquée à mettre en place : "Le problème est de pouvoir l’opérationnaliser, c’est-à-dire d’avoir l’entourage familial, les jeunes, qui puissent participer au processus, à leur trajectoire de vie, de soins que ce soit au niveau clinique ou même de l’organisation des rendez-vous que l’on va mettre en place", ajoute Didier de Vleeschouwer.

Plus de jeunes malades qu’auparavant ?

La question est posée, mais la réponse n’est pas évidente : "Est-ce qu’aujourd’hui il y en a plus qu’hier ? Je ne peux pas répondre, je n’ai pas les chiffres", nous explique Didier de Vleeschouwer. "Nous sommes dans un contexte sociétal qui individualise beaucoup plus les choses, qui fait peser sur les individus le poids de certains problèmes sociaux. Mais ce qui est intéressant c’est qu’aujourd’hui on met en place de nouvelles politiques qui s’intéressent à comment faire mieux et comment prendre en considération des aspects psychiques ensemble, que ce soit dans les soins spécialisés en santé mentale ou dans l’éducatif", conclut le coordinateur du réseau de santé Kirikou.

 

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