UCLouvain : Kilian, Emile et Ariane, candidats astronautes

Kilian, Emile et Ariane sont parmi les 23.000 candidats à avoir postulé à l’ESA pour devenir astronautes.
23 juin 2021 à 17:01Temps de lecture2 min
Par Sarah Heinderyckx avec Eric Boever

On se bouscule pour devenir astronaute. L’Agence spatiale européenne (ESA) avait lancé un appel à candidatures et près de 23.000 personnes ont postulé, venant des quatre coins de l’Europe. Parmi eux, 1019 Belges et un quart de femmes. Nous sommes allés à la rencontre de trois d’entre eux dans les laboratoires de l’UCLouvain.

Un quart de femmes

Penchée sur son microscope, Ariane Sablon a déjà la tête dans les étoiles. Doctorante en sciences médicales, elle rêve depuis longtemps de devenir astronaute.

"Le monde de l’espace me passionne depuis toujours, raconte-t-elle. Le fait d’aller voir au-delà de notre planète toutes ces choses qui ne sont pas encore comprises dans l’univers… Je pense que ça fait aussi partie de mon esprit de scientifique et de chercheur où j’ai toujours envie de comprendre et d’aller voir plus loin. Maintenant devenir astronaute et en faire un métier, c’est plutôt apparu quand j’ai commencé mes études, sans en faire mon objectif premier. Puis il y a trois ans j’ai eu la chance de participer à UCL to Mars, on est partis aux USA pour faire une simulation de vie sur Mars dans une base dans le désert de l’Utah, c’était génial. Une aventure tant scientifique qu’humaine et à partir du moment où on fait ça… On ne pense plus qu’à ça !"

Lors de la première campagne de recrutement de l’ESA en 2008, 15% des candidats étaient des femmes. En 2021, elles sont passées à 24%.

"Ça m’a étonnée ce chiffre, nous confie Ariane, je suis d’autant plus heureuse que dans mon entourage, il y a très peu de filles qui avaient postulé. Je trouve ça énorme et vraiment génial, ça prouve que le milieu du spatial n’est absolument pas un monde masculin".

L’effet Thomas Pesquet

À l’étage au-dessus, autre labo et autre candidat. Kilian Dekoninck est microbiologiste, doctorant à l’Institut de Duve. Lui aussi se verrait bien dans l’espace et a donc postulé à l’ESA. "C’est un rêve d’enfant, nous confie-t-il. Depuis toujours, j’ai été passionné par l’espace. Ces dernières années, notamment avec Thomas Pesquet, ça s’est hyper fort vulgarisé. Ici, c’était peut-être la seule opportunité que j’aurais dans ma vie de le faire".

Thomas Pesquet, le Français qui a pris les commandes de la station spatiale internationale, semble avoir remplacé Tintin comme source d’inspiration. Son exemple a inspiré les francophones : la France, la Belgique et le Luxembourg sont les pays qui ont proportionnellement présenté le plus grand nombre de candidats.

Pour imiter son idole, Killian est d’ailleurs prêt à faire beaucoup de sacrifices : "Ça va être s’éloigner de sa famille, se former pendant des années, mais c’est ce que j’ai fait jusqu’à présent me former, donc je suis prêt à le faire encore et encore". Même pour aller sur Mars ? "Même pour aller sur Mars. Surtout pour aller sur Mars ! Je pense qu’il y a beaucoup de choses intéressantes à faire là-bas et plein de recherches à faire", rêve le jeune doctorant, des étoiles plein les yeux.

Beaucoup d’appelés, peu d’élus

Son collègue direct, Emile Dupuy, est Français. Lui aussi a répondu à l’appel à candidatures de l’ESA, comme près de 23.000 autres personnes. Au bout de la procédure de recrutement, il n’y aura que 4 candidats retenus. Il sait donc que les places sont chères, mais tenait à tenter sa chance. "Je pense que le premier motif d’échec, c’est avant tout l’autocensure et ne pas postuler. Les chances sont très faibles, c’est vrai, mais au moins on tente le coup, on verra bien", explique-t-il.

Les lauréats seront désignés dans un an et demi et leur formation proprement dite ne débutera qu’en 2023. Astronaute, un métier qui se mérite.

Reportage de notre 19h30 de ce mercredi 23 juin :

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