Monde

Turquie: une journaliste interpellée pour un tweet dénonçant la corruption

Turquie: une journaliste interpellée pour un tweet dénonçant la corruption
30 déc. 2014 à 15:14 - mise à jour 30 déc. 2014 à 17:25Temps de lecture1 min
Par Belga News

Sedef Kabas avait écrit sur son compte Twitter un message dans lequel elle a demandé aux Turcs de ne pas oublier le nom du juge qui a prononcé un non-lieu général dans les enquêtes de corruption qui ont touché le régime à l'hiver 2013-2014, en particulier le Premier ministre de l'époque Recep Tayyip Erdogan et son entourage.

Un juge d'Istanbul a engagé des poursuites à l'encontre de la journaliste pour avoir "présenté comme des cibles les personnes chargées de lutter contre le terrorisme", a indiqué Celal Ülgen, l'avocat de Sedef Kabas, qui a dénoncé une procédure "illégale". Son appartement stambouliote a été perquisitionné et son ordinateur ainsi que son portable ont été placés sous scellés.

La journaliste et présentatrice d'émissions à la télévision a été déférée devant un tribunal qui l'a remise en liberté mais doit encore l'entendre lundi.

Par ailleurs, dans une procédure séparée, un autre journaliste Mehmet Baransu, critique sévère du régime d'Ankara, a été interpellé pour la quatrième fois tôt mardi, avant d'être libéré dans l'après-midi. Mehmet Baransu est un journaliste d'investigation du journal Zaman proche de la mouvance islamiste de l'imam Fethullah Gülen, l'ex-allié de Recep Tayyip Erdogan devenu son principal adversaire.

Recep Tayyip Erdogan, élu président en août dernier, a juré d'en finir avec Fethullah Gülen et la confrérie qu'il dirige qui a des intérêts dans les médias et les finances. Il l'accuse d'avoir voulu le renverser en manipulant les enquêtes de corruption le visant l'an dernier. Les autorités judiciaires s'acharnent depuis sur les milieux liés à Fethullah Gülen. Début décembre plusieurs journalistes d'opposition ont été arrêtés.

Belga