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Turquie: après les trois démissions, un remaniement ministériel est attendu

Turquie: démission du ministre de l'Intérieur, après celui de l'Économie
25 déc. 2013 à 08:08 - mise à jour 25 déc. 2013 à 20:41Temps de lecture2 min
Par Belga News

Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan avait refusé de réagir mercredi à la démission de trois de ses ministres à la suite du scandale de corruption qui fait vaciller son gouvernement, continuant de dénoncer un "complot".

S'exprimant devant les cadres de son Parti de la justice et du développement (AKP), Recep Tayyip Erdogan n'a fait aucun commentaire sur le départ de ses trois proches mais a longuement insisté, une nouvelle fois, sur un "complot aux ramifications internationales" ourdi pour déstabiliser le pays et son économie. "Il y a une dimension internationale à toute cette conspiration. C'est une affaire présentée sous la forme d'une opération judiciaire qui vise en fait à porter atteinte à l'avenir de la Turquie", a-t-il martelé.

Dans son allocution, il s'en est également pris de façon très virulente à la confrérie du prédicateur musulman de Fetullah Gülen, jadis son allié, qu'il accuse implicitement d'être à l'origine de l'enquête judiciaire en cours.

"Nous ne tolérerons jamais des institutions parallèles à l'Etat", a lancé le chef du gouvernement sous les applaudissements de ses partisans, promettant d'en finir avec les "bandes qui ne pensent qu'à leur propres intérêts, sous le couvert de la religion".

L'organisation de Fetullah Gülen, très influente dans la police et la magistrature, est entrée en guerre ouverte contre le gouvernement à cause de son projet de supprimer les écoles de soutien scolaire privées, une de ses principales sources de revenus.

Trois démissions qui fâchent

Le ministre turc de l'Environnement, Erdogan Bayraktar, a annoncé mercredi sa démission et lancé un appel à Recep Tayyip Erdogan, ébranlé par un scandale financier, à faire de même.

"Je démissionne de mon poste de ministre et de député," a-t-il déclaré sur la chaîne d'information NTV, invitant Recep Tayyip Erdogan à présenter lui aussi sa démission.

Erdogan Bayraktar a affirmé n'avoir "rien à se reprocher" dans l'enquête menée autour de projets de construction cités dans un vaste scandale financier et avoir agi "en toute connaissance du Premier ministre".

"De ce fait, je crois que le Premier ministre devrait aussi démissionner", a-t-il conclu.

Il est le troisième ministre turc à démissionner mercredi après ceux de l'Economie, Zafer Caglayan, et de l'Intérieur, Muammer Güler. Les fils de ces trois ex-ministres ont été arrêtés le 17 décembre dernier lors d'un vaste coup de filet anticorruption de la police avec de nombreuses autres personnalités proches du pouvoir turc.

Le fils d'Erdogan Bayraktar a été relâché après son interrogatoire par les juges, qui ont inculpé et placé en détention préventive samedi les fils des deux autres ministres démissionnaires pour malversation, fraude et corruption active notamment.

AFP avec Belga

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