Trafic fluvial perturbé par la grève, les bateliers en ont marre

Les bateliers se sentent pris en otage.
10 oct. 2017 à 15:10 - mise à jour 10 oct. 2017 à 15:10Temps de lecture1 min
Par Anaïs Stas

A l'approche de l'écluse des Grands Malades à Beez, les péniches s'amarrent en bord de Meuse. Au fil des heures, la file s'allonge, impossible de passer. Les éclusiers ne peuvent pas travailler. Ils sont bloqués par un piquet de grève de la CGSP. Ils ne peuvent qu’informer les bateliers.

Plusieurs écluses stratégiques, comme celle d’Ivoz-Ramet à Liège, sont bloquées un peu partout en Wallonie. Le trafic fluvial est perturbé, paralysé sur la Meuse entre Liège et Namur.

Un blocage stratégique, économique

Les écluses dépendent du Service Public de Wallonie. Les grévistes n’ont pas choisi ces ouvrages par hasard. " Bloquer nos bâtiments n’a pas beaucoup d’impact. On a choisi stratégiquement les écluses car de gros bateaux marchands passent avec de la marchandise pour les entreprises. On voulait marquer le coup d’un point de vue économique " explique Jean-Pierre Denis, délégué CGSP.

Les syndicalistes dénoncent la réforme des pensions et la volonté du gouvernement d’instaurer un service minimum dans les transports publics.

Les bateliers se sentent pris en otage

Entre énervement et résignation, les bateliers n’ont pas d’autres choix que d’attendre. Ils en ont marre. " Dès que les fonctionnaires font grève, ils viennent bloquer les écluses " constate résigné, Christian Danelli. " Ils défendent leur pain, c’est normal. Mais on bloque toujours les bateaux, c’est facile. Pourquoi ils ne bloquent pas les routes ? Là, la police intervient. Mais nous, tout le monde s’en fou. Le gouvernement s’en moque ".

A quelques dizaines de mètres de là, de l’autre côté de l’écluse, même ras-le-bol : " On ne les ennuie pas, mais eux c’est toujours la même chose. L’année passée c’était déjà bloqué trois, quatre fois " dénonce le batelier Eric Chartier.

La première péniche bloquée de la journée est arrivée à 07h30. Elle vient des Pays-Bas. " J’ai 65 ans. Je me repose et je boude. Cette grève, je ne sais pas pourquoi c’est, mais c’est ennuyant. Je dois être à Farciennes pour charger des céréales, j’espère que ça ira " s’inquiète le capitaine Gérard Barthel.

Pour les bateliers, qui sont souvent des indépendants, une journée de blocage coûte chère. Ils dénoncent des blocages récurrents.

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