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Monde

Syrie: double attentat contre les services de sécurité

Des soldats de l'armée syrienne, lors d'une opération près d'Alep, le 8 octobre 2012
09 oct. 2012 à 08:13 - mise à jour 09 oct. 2012 à 16:48Temps de lecture4 min
Par AFP

Une source au sein des services de sécurité a démenti ce bilan, affirmant que les attentats avaient été déjoués, même si un des véhicules piégés a explosé à proximité du site visé.

Face à l'escalade "insupportable" des violences, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a appelé Damas à décréter un cessez-le-feu unilatéral, et demandé aux forces d'opposition de le respecter.

Mardi, les violences ont encore fait 72 morts, dont 20 civils, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), qui se base sur un large réseau de militants et de médecins.

L'attaque contre la Sécurité a eu lieu lundi soir à Harasta, à 10 km au nord-est de Damas. Elle a été revendiquée par le Front al-Nosra, un groupe jihadiste inconnu avant le début du conflit, qui a déjà affirmé avoir mené la plupart des attentats récents dans le pays.

"Des dizaines de personnes ont été tuées lors des attentats contre le siège des services de renseignement de l'armée de l'air pour la région de Damas, et on ignore le sort des centaines de prisonniers qui s'y trouvaient", a affirmé le président de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane.

Selon lui, le site visé par deux explosions à 20 minutes d'intervalle est le plus grand centre de détention de la province de Damas.

Silence officiel

Mardi, l'armée a dévié la route reliant Damas à Homs pour empêcher les automobilistes de voir l'étendue des dégâts. Damas n'a pas réagi à cette attaque, passée sous silence par les médias officiels.

Selon le communiqué du Front Al-Nosra publié sur Facebook, "un véhicule bourré de neuf tonnes d'explosifs (...) a détruit l'immeuble" des services de renseignement, puis un autre kamikaze "a fait sauter (une) ambulance transportant une tonne d'explosifs qu'il conduisait pour détruire le reste de ce siège et tuer les survivants".

Une source au sein des services de sécurité a affirmé en revanche que des gardes avaient tiré sur le premier véhicule avant qu'il ne pénètre dans l'enceinte ultra-protégée. La voiture a toutefois explosé, et le souffle de l'explosion a provoqué d'importants dégâts et fait des blessés.

La seconde voiture a été interceptée et son conducteur arrêté, a précisé la source. S'en est suivi "un assaut de grande envergure (...) mais après cinq heures de combats ils ont été repoussés", a ajouté ce responsable.

Par ailleurs, l'agence de presse officielle Sana a rapporté un attentat à la bombe dans le quartier de Zablatani, dans le coeur de Damas, qui a fait des blessés. Selon des habitants, l'explosion a eu lieu près d'un bâtiment gouvernemental quasi inoccupé.

Dans le nord du pays, l'armée a bombardé plusieurs quartier d'Alep, enjeu d'une bataille cruciale depuis mi-juillet, selon l'OSDH.

Et dans le centre, les troupes loyalistes ont pénétré dans un quartier rebelle de Homs, Khaldiyé, où "elles traquent les terroristes encore présents", a affirmé la chaîne de télévision officielle. "Si l'armée réussit à prendre totalement le quartier, ce sera une catastrophe pour les 800 familles qui s'y trouvent" a souligné un militant de Homs, qui s'est présenté sous le nom d'Abou Bilal. "Il y aura un massacre sans précédent depuis le début de la révolution", a-t-il averti. Homs, qui fut aux avant-postes du soulèvement contre Bachar al-Assad, a été prise d'assaut lundi par les forces du régime déterminées à y écraser les dernières poches de résistance.

Estimant que "la situation a atteint un stade inacceptable", M. Ban a dit avoir "fait comprendre au gouvernement syrien qu'il doit immédiatement déclarer un cessez-le-feu unilatéral". "J'exhorte les forces d'opposition à accepter ce cessez-le-feu unilatéral, si et lorsque le gouvernement syrien l'annonce", a-t-il poursuivi.

Le secrétaire général de l'Otan, Anders Fogh Rasmussen, a de son côté appelé Turquie et Syrie à "éviter l'escalade" après une nouvelle riposte lundi de l'armée turque à la chute d'un obus syrien sur son territoire.

Le chef du gouvernement turc a répété mardi devant le Parlement que son pays répondrait systématiquement à toute attaque syrienne, pendant que le chef d'état-major des armées turques, le général Necdet Özel, inspectait ses troupes à la frontière syrienne, théâtre d'incidents militaires à répétition.

Les rebelles prennent une ville stratégique entre Alep et Damas

Les rebelles se sont emparés d'une ville stratégique du nord de la Syrie sur l'autoroute reliant Damas à Alep, a affirmé mardi Rami Abdel Rahmane, chef de l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

"Les forces régulières se sont retirées de tous les barrages à l'intérieur de Maaret al-Noomane, à l'exception d'un seul à l'entrée de la ville, à l'issue de 48 heures de combats", a-t-il dit.

Les rebelles s'étaient déjà emparés de cette ville le 10 juin mais avaient dû l'abandonner en août à l'issue d'une offensive de l'armée.

Maaret al-Noomane était une ville de 90.000 habitants avant la révolution. Il s'agit d'une localité stratégique car elle se trouve sur l'autorouté reliant Damas à Alep, et les renforts qui se rendent à Alep doivent nécessairement la traverser.

Les régions rurales qui se trouvent à l'est et à l'ouest de cette ville dans la province septentrionale d'Idleb sont déjà tenues par la rébellion.

L'Otan a "tous les plans pour défendre la Turquie"

L'Otan a tous les plans en place pour défendre la Turquie face à la détérioration de la situation en Syrie voisine, a assuré mardi le secrétaire général de l'Alliance atlantique, Anders Fogh Rasmussen.

"La Turquie peut compter sur la solidarité de l'Otan et nous avons tous les plans nécessaires pour défendre le pays si besoin", a-t-il déclaré à l'issue de la première journée d'une réunion des ministres de la Défense alliés à Bruxelles, en précisant qu'il espérait que cela ne soit "pas nécessaire".

"L'Alliance est basée sur le principe de la solidarité. La Turquie peut compter dessus", a ajouté M. Rasmussen devant la presse.

 

AFP

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