Survol de Bruxelles: certains, au gouvernement flamand, se disent prêts à contre-attaquer

Survol de Bruxelles: les normes de bruits sont appliquées dès ce samedi
22 avr. 2017 à 14:27 - mise à jour 22 avr. 2017 à 16:54Temps de lecture3 min
Par RTBF

C'est depuis ce samedi à minuit que les normes de bruit pour les avions qui survolent Bruxelles sont appliquées à la lettre. Et donc depuis lors, un plus grand nombre de PV sont dressés pour le bruit des avions.

C'est une conséquence de la décision du gouvernement bruxellois de jeudi dernier d'appliquer la "tolérance zéro". "Il est important de faire appliquer la loi strictement", répétait la ministre bruxelloise de l'Environnement Céline Fremault (cdH) dans Matin Première ce vendredi matin. "Sur 130 000 rotations au-dessus de Bruxelles, il y a 7000 infractions. C'est 2,5% des vols qui sont impactés et ce sont des amendes entre 600 et 800 euros en moyenne", avait également indiqué la ministre.

Le gouvernement bruxellois, par la voix de son Ministre-Président bruxellois Rudi Vervoort (PS) avait pris soin cependant de laisser de la place à la concertation en évoquant les délais entre le moment où les procès verbaux sont dressés et leur paiement: "Entre le moment où une amende est constatée et celui où elle doit être payée, il y a un délai de plusieurs mois, voire 18 à 24 mois, ce qui laisse le temps à la concertation enclenchée de donner des résultats."

Vols passagers potentiellement impactés

Arnaud Feist le patron de l'aéroport répète qu'il y voit un danger pour le site, notamment pour les activités cargo de l'aéroport de Bruxelles-National: "On prévoit que près d'un quart de notre activité cargo pourrait être impactée" mais, ce qui l'inquiète encore davantage: "c'est que cela pourrait impacter également les vols passagers, en journée, qui seront impactés par des normes plus sévères". 

Arnaud Feist affirme également avoir "bien pris note" de la décision du gouvernement bruxellois et d'une "certaine ouverture pour continuer la discussion", ce qu'il estime être "positif". "Mais le fait de mettre en oeuvre leurs nouvelles normes va créer de nombreux problèmes aux compagnies à l’aéroport", conclut le patron de Bruxelles-National.  

Les associations d'habitants survolés estiment qu'Arnaud Feist exagère l'impact de ces normes de bruit. Elles maintiennent que le bruit des avions peut être réduit sans altérer la santé économique de l'aéroport.

Le gouvernement flamand prêt à une contre-attaque

Ben Weyts, le ministre Flamand de la mobilité NVA a, lui, profité des journées portes ouvertes dans les aéroports de Flandre, ce samedi, pour adresser un message politique à la région Bruxelloise: quand une première amende tombera, liée à la nouvelle sévérité sur les normes de bruit à Bruxelles, une contre-attaque politique du gouvernement flamand suivra, qui intentera une nouvelle procédure en conflit d'intérêt.

"Nous sommes très contents que du côté de la région de Bruxelles capitale, on ait calmé le jeu, on nous dit: 'dès aujourd'hui des amendes sont enregistrées mais cela prendra du temps avant qu'elles ne tombent dans les boites aux lettres'".

Et de poursuivre avec sa mise en garde : "Nous, au gouvernement flamand, on dit très clairement: à partir du moment où des amendes tomberont dans les boites aux lettres, à partir du moment où des entreprises ici, sur base du renforcement des normes de bruit, reçoivent un constat d'infraction dans leur boite, alors à ce moment là nous devront bien invoquer à nouveau un conflit d'intérêt."

Ben Weyts insiste, lui aussi, sur le maintien de l'activité économique liée à l'aéroport de Bruxelles-National : "On doit bien défendre tous ces emplois, de tant de gens, flamands ou francophones peu importe, mais on doit défendre et protéger au maximum notre propre économie".

Son collègue du gouvernement flamand, Sven Gatz (Open VLD), compétent pour les médias, la Culture, la Jeunesse et Bruxelles, nuance et appelle ce dimanche matin à la retenue: "il n'est pas bon de communiquer (à présent) au sujet de ce qui peut ou de ce qui va se passer dans quelques semaines ou quelques mois. Il est plus intéressant de rechercher un climat pacifique et il vaut mieux être prudent avec les déclarations politiques". 

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