Chroniques

Storify, de Nivelles à San Francisco

Storify, de Nivelles à San Francisco
10 sept. 2013 à 04:20 - mise à jour 10 sept. 2013 à 16:35Temps de lecture2 min
Par Alain Gerlache

Encore une acquisition dans le domaine du web aux États-Unis. Mais cette fois, elle nous concerne un peu aussi.

Oui. La Startup Storify a été rachetée par la société américaine LiveFyre. Storify est basée à San Francisco. C’est là qu’elle a été créée il y a trois ans par un jeune Nivellois de 26 ans à l’époque, Xavier Damman.

Il ést parti d’un constat : aujourd’hui, avec le développement du web et la multiplication des réseaux sociaux, les conversations se multiplient un peu partout. Son intuition, c’était qu’il faudrait trouver un moyen pour rassembler ces éléments disparates. Storify c’est donc un outil web qui permet de réunir sur une même page des tweets ou des messages sur Facebook et les réseaux sociaux. Ça ne se fait pas de façon automatique. C’est un travail de curation comme on dit, c’est-à-dire de choix des contenus et de mise en forme, avec la possibilité d’ajouter des phrases de liaison et de contextualiser les différentes interventions venues des 4 coins d’internet. Storify, le nom l’indique, c’est transformer des éléments divers en récit.

C’est donc un vrai travail éditorial. Une nouvelle forme de journalisme.

Absolument, cette nouvelle branche du journalisme web qui intègre l’animation de communauté. Storify a d’ailleurs été adopté par de nombreux médias et non des moindres : Le New York Times, La BBC, Le Monde, on ne les compte plus. La Maison Blanche l’utilise aussi. Mais n’importe qui peut s’inscrire sur le site et faire ce travail à des fins personnelles. C’est gratuit en plus.

Ce qui pose la question des revenus de la start-up.

Oui. Une levée de fonds avait permis de lancer l’entreprise. Et récemment, Storify a lancé des formules payantes plus adaptées aux besoins des médis, des institutions ou de entreprises. Et le rachat dont le montant n’a pas été divulgué permet de conforter l’avenir de Storify qui continuerait à être dirigé par Xavier Damman.

La question qui se pose, c’est pourquoi ce jeune wallon est allé créer son entreprise à San Francisco ?

Il l’explique par les opportunités qu’offre un environnement bien plus ouvert au web, à l’innovation et à l’entreprise que ne l’est la Wallonie. Son constat est sans appel : Storify n’aura pas pu naitre chez nous. Et on ne peut s’empêcher de mettre en parallèle l’aventure novatrice de Storify avec les remous que suscite la reprise contestée par la nébuleuse Tecteo de titres d’une presse écrite dont le modèle actuel apparait de plus en plus condamné.

Pour autant, Xavier Damman me disait ce matin via Facebook Messenger qu’il n’exclut pas de revenir un jour en Belgique. Et il explique que ce parcours c’est un peu celui de l’équipe Belge de football. C’est en jouant à l’étranger que les Diables Rouges et leur entraineur Marc Wilmots ont développé leur savoir-faire au bénéfice de l’équipe nationale.

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