Belgique

Stade national: "Mettons-nous tous autour d'une table", tempère A. Antoine

Le ministre André Antoine prédit la "mise en bière" du projet
17 juin 2013 à 13:51 - mise à jour 19 juin 2013 à 14:18Temps de lecture3 min
Par Belga News

Interrogé mercredi devant le Parlement de la Fédération sur ses récents propos critiques envers le projet sur le parking C du Heysel, André Antoine a estimé qu'il serait utile, pour la réussite d'un projet "d'ampleur nationale", que tous les pouvoirs du pays "se mettent autour d'une même table".

"La réussite ne vient que de l'union des forces", a insisté le ministre, qui était interrogé par le député MR Hervé Jamar.

Selon André Antoine, l'union de tous les pouvoirs du pays serait en effet bien utile pour trouver des investisseurs privés pour développer ce projet "à Bruxelles", mais aussi y attirer éventuellement un grand club de football.

"La Fédération Wallonie-Bruxelles est toujours présente quand on l'invite...", a-t-il ajouté.

Là-dessus, le Député MR Hervé Jamar a rappelé son souhait de "voir ce projet de stade national aboutir, d’avancer pour la bonne cause, tout en trouvant une solution pour le mémorial Van Damme." Il a vivement critiqué "la cacophonie au sein de l’Olivier".

Irrité de ne pas avoir été consulté

Le ministre des Sports de la Fédération Wallonie-Bruxelles, André Antoine (cdH), était monté au créneau. Il a affiché son irritation sur la gestion du projet du futur stade national de Bruxelles, et les menaces que celui-ci fait peser sur l'avenir du Mémorial Van Damme.

Interrogé lundi en commission des Sports du Parlement de la Fédération par Jean-Luc Crucke (MR) sur cette polémique, le ministre est apparu agacé de ne pas avoir été consulté. "Je ne suis pas au courant de la demande de la Région bruxelloise, dont je découvre la compétence sportive", a ironisé André Antoine. "J'adore la Grimbergen, blonde ou brune, mais c'est toujours une mise en bière. Et je pense que ce projet va y ressembler...", a-t-il grincé.

La Région bruxelloise et la Ville de Bruxelles entendent ériger un nouveau stade national sur le site du parking C du plateau du Heysel, non loin de l'actuel Roi Baudouin. Ce vaste parking, propriété de la Ville de Bruxelles, est toutefois situé sur le territoire de la commune de Grimbergen, en Région flamande.

Le projet vise à construire un tout nouveau stade de football en vue de l'Euro-2020 de football. Il n'intègre toutefois pas a priori de piste d'athlétisme, ce qui y excluerait de facto la tenue du traditionnel Mémorial Van Damme, le plus grand meeting mondial d'athlétisme.

Ecoutez-le, ci-dessous, interrogé par Mehdi Khelfat:

Redoutant de voir cette épreuve quitter à jamais la Belgique si le projet était mis en oeuvre tel que programmé, le député Jean-Luc Crucke a pressé lundi le ministre Antoine de jouer au "Casque bleu" pour sauver le meeting belge. "Je ne suis pas compétent pour la Flandre...", a répondu le ministre francophone, visiblement mécontent de l'emplacement retenu par Bruxelles pour héberger le futur stade national.

Rudi Vervoort: " Ce qui compte, c’est que la Belgique ait un stade international "

Dans un communiqué, le ministre-président bruxellois (PS) déclare prendre acte de la position du ministre wallon du Budget mais a tenu à rappeler que la décision d’implanter le nouveau stade sur le parking C avait été prise "par l'ensemble du gouvernement bruxellois, à l'unanimité". Rudi Vervoort regrettant par ailleurs qu’aucune solution alternative n’ait été proposée par André Antoine.

Le communiqué précise encore que la décision bruxelloise est motivée par la volonté d'accueillir un ou plusieurs matchs de l'Euro 2020 et de rassembler toutes les conditions pour que les Diables Rouges "disposent du stade dont ils méritent".

"Ce qui compte réellement, c'est que la Belgique dispose d'un stade de dimension internationale, peu importe qu'il se situe en Wallonie, en Flandre ou à Bruxelles, n'en déplaise à certains", conclut Rudi Vervoort.

Doulkeridis se demande si la cigogne du plan crèches n'a pas piqué Antoine

Christos Doulkeridis, le secrétaire d'État bruxellois et ministre-président de la Commission communautaire française de Bruxelles, s'est dit consterné mercredi par le ton "rageur et agressif" du ministre André Antoine.

Il s'est dit enclin à croire que le ministre Antoine était guidé par d'autres considérations, à la veille d'une réunion de gouvernements consacrée à l'ouverture de places dans les crèches (Plan Cigogne), que le ministre cdH en charge du Budget à la Fédération bloque selon lui depuis des semaines.

"J'ai lu avec consternation la sortie d'André Antoine, par presse interposée. Je peux comprendre qu'il ait des questions, mais pas la rage et l'agressivité dont il fait preuve", a affirmé Christos Doulkeridis à l'agence Belga.

Pour lui, il y a donc lieu de se demander pourquoi le ministre cdH "tape avec une telle force sur le gouvernement bruxellois alors qu'il y a des espaces pour discuter avec maturité".

Selon le chef de file Ecolo à Bruxelles, le dossier des places de crèches a pourtant plutôt bien progressé entre les autres protagonistes autour de la table, dont le ministre en charge de la Petite enfance, Jean-Marc Nollet (Ecolo).


Belga

André Antoine s'oppose au stade de Bruxelles

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L'invité : André Antoine s'exprime à propos du nouveau stade national

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