SNCB: Ecolo propose un "contrat de services" au lieu d'un "contrat de gestion"

SNCB: Ecolo propose un "contrat de services" au lieu d'un "contrat de gestion"
14 févr. 2017 à 11:59 - mise à jour 14 févr. 2017 à 12:48Temps de lecture2 min
Par RTBF avec Belga

Ecolo a présenté mardi son contrat de services alternatif pour la SNCB, avec des objectifs en terme de gouvernance, de qualité de service et de budget. Ces propositions, portées par le coprésident Patrick Dupriez et l'ancienne ministre de la Mobilité Isabelle Durant, à l'occasion de l'opération "Saint-Valentrain" des écologistes, arrivent quelques semaines avant la prise de fonction de la nouvelle patronne de la SNCB, Sophie Dutordoir.

Délais extrêmement serrés

"Sophie Dutordoir sera immédiatement confrontée à des défis considérables et à des délais extrêmement serrés", met en garde Isabelle Durant, députée bruxelloise. Le nouveau contrat de gestion doit être bientôt conclu et signé avec le ministre de la Mobilité François Bellot, et il faudra tenir compte de la libéralisation du transport voyageurs, prévue pour 2023 par le "quatrième paquet ferroviaire" voté par le Parlement européen en décembre.

La Belgique pourrait continuer à attribuer directement ce transport des voyageurs à son opérateur historique - la SNCB - si celui-ci présente les mêmes résultats que d'autres opérateurs.

Pour y parvenir, Ecolo suggère la mise sur pied d'un "contrat de services" plutôt que d'un contrat de gestion. Ce contrat de services serait basé sur trois axes: la gouvernance, les objectifs à atteindre et l'orientation "voyageurs".

Les Verts plaident d'abord pour une meilleure coopération entre la SNCB, Infrabel et le SPF Mobilité. "On a instauré une sorte de concurrence, de guerre entre Infrabel et la SNCB", constate Isabelle Durant. La première mission de la nouvelle patronne de la SNCB devrait donc être d'améliorer la coopération, estiment les écologistes.

Plus de trains et plus de places assises

Elle devrait également instaurer une meilleure consultation avec tous les acteurs: Régions, sociétés régionales de transport, voyageurs et même les travailleurs de l'entreprise, ce qui permettrait de couper dans le budget "trop élevé" consacré par la SNCB à la consultance. L'idéal serait aussi de soigner la relation avec le Parlement. "Même si l'entreprise est autonome, Mme Dutordoir pourrait s'engager à venir régulièrement, discuter de la SNCB avec les parlementaires", suggère Isabelle Durant.

Plages horaires étendues

Le contrat de services de la SNCB devrait aussi contenir des objectifs en terme d'augmentation du nombre de voyageurs ou de conditions de voyage correctes (plus de trains et plus de places assises). "Il faut que le trajet en train devienne une sorte de sas de décompression entre le lieu de travail et la maison", affirme Isabelle Durant. Mais l'offre devrait également être revue à la hausse en-dehors des heures de pointe, pour rendre le train attrayants pour les autres utilisateurs.

Ecolo plaide pour des plages horaires étendues (05h00-01h00 sur les grandes lignes, 06h00-22h00 sur les plus petites) et une fréquence à la hausse.

La dotation que la SNCB reçoit de l'Etat devrait d'ailleurs être en partie variable, en fonction des performances enregistrées. Ces performances pourraient être évaluées sur base d'enquêtes de satisfaction indépendantes. Cette solution aurait le mérite de rendre l'importance de la dotation moins dépendante de l'orientation du ministre, estiment les Verts.

Le financement de cette dotation, que les Verts souhaitent voir augmenter, se ferait en réinjectant les gains de productivité directement dans la SNCB, en contrôlant mieux l'affectation des moyens octroyés à l'entreprise, et en opérant un glissement fiscal pour financer moins les voitures de société et plus les autres formes de mobilité, a expliqué Patrick Dupriez.

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