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Carnets d'opéra

Siegfried tué dans sa piscine : une fin de Ring à Bayreuth, la mise en scène sifflée par le public et les chanteurs applaudis

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Tout cet été, Nicolas Blanmont vous propose ses Carnets d’Opéra émis depuis les plus prestigieuses maisons d’opéra européennes. Nous le retrouvons à Bayreuth qui, cette année, présente une nouvelle version du célèbre Ring de Wagner. Nicolas nous parle du quatrième et dernier volet du Ring, dont la mise en scène générale aura fait la quasi-unanimité contre elle.

C’est terminé pour le nouveau Ring de Bayreuth ! A l’issue du Crépuscule des dieux, le public du festival a copieusement sifflé la mise en scène, avant d’applaudir chaleureusement les chanteurs (enfin, presque tous) et le chef Cornelius Meister (de façon plus mitigée, même si sa direction s’est nettement améliorée au fil des jours). Ovationnés, le Gunther aux allures de cocaïnomane de Michael Kupfer-Radecky, le Siegfried inusable de Stephen Gould, le Hagen d’Albert Dohmen (un ex-Wotan), la belle Waltraite de Christa Mayer ou la Gutrune flamboyante d’Elisabeth Teige. Pas mal de huées par contre pour la Brünnhilde d’Irene Theorin, ce qui pouvait sembler un peu injuste : la voix de la soprano suédoise vibre plus que de raison, mais elle délivre toujours un impressionnant volume de décibels.

On essayera d’oublier rapidement la mise en scène de Valentin Schwarz : il nous a proposé cette fois une scène de ménage entre Brünnhilde et Siegfried, jeunes parents d’une fillette de six ans qui semble représenter l’or à son tour, la violence gratuite dont est victime Grane, le cheval/homme de Brünnhilde (elle se promène même avec sa tête comme Salome et Jokanaan), des chœurs en capes et masques qui semblaient sortis de quelque société secrète (et sans rapport avec le reste de la production) et une grande piscine au fond de laquelle Siegfried apprend à sa fille à pêcher avant de se faire tuer. Vous avez dit anecdotes ?

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