RTBFPasser au contenu
Rechercher

Monde Amérique du Nord

Shutdown aux Etats-Unis: les services fédéraux américains ferment faute de budget

États-Unis : les effets du shutdown

JT 13h

Pour voir ce contenu, connectez-vous gratuitement

20 janv. 2018 à 06:33 - mise à jour 20 janv. 2018 à 06:33Temps de lecture3 min
Par Belga

Un an jour pour jour après l'élection de Donald Trump, les Etats-Unis sont entrés samedi dans une période de turbulences avec la fermeture partielle de l'administration fédérale après l'échec d'un vote crucial au Sénat.

Malgré d'intenses tractations ces derniers jours, la majorité républicaine, l'opposition démocrate et la Maison Blanche n'ont pas pu s'entendre sur un budget, même temporaire, qui aurait permis d'éviter ce "shutdown" entré en vigueur à 00H00 (05H00GMT).

Joute verbale entre les partis

Républicains et démocrates se sont rejetés immédiatement la responsabilité de cet échec, la Maison Blanche accusant les démocrates de prendre les citoyens américains "en otage".

>>> A lire aussi:  Trump, un an après: beaucoup de bruit pour presque rien

"Ce soir, (les démocrates du Sénat) ont placé la politique au-dessus de notre sécurité nationale. (...) Nous ne négocierons pas sur le statut d'immigrants illégaux pendant que les démocrates prennent en otage les citoyens respectueux du droit avec leurs exigences irresponsables", a indiqué Sarah Sanders, porte-parole de Donald Trump.

Les républicains, majoritaires avec 51 sièges au Sénat, n'ont obtenu que 50 voix, loin des 60 voix (sur 100) nécessaires en faveur d'une extension du budget fédéral jusqu'au 16 février.

Des conséquences lourdes pour les employés fédéraux

Il s'agit du premier "shutdown" depuis octobre 2013 -sous l'administration Obama- qui avait duré 16 jours. Il se traduira par la mise au chômage technique sans paie de plus de 850.000 employés fédéraux considérés comme "non essentiels" au fonctionnement de l'administration.

Il était impossible de savoir combien de temps durerait cette nouvelle fermeture, les tractations entre les deux partis devant très vite reprendre. Mais les démocrates ont indiqué qu'ils n'accepteront de voter pour un texte de compromis que s'il pérennise la régularisation de 690.000 jeunes immigrés au statut précaire, les "Dreamers".

Les premiers effets du "shutdown" devraient se faire sentir lundi. Les activités de nombreuses agences fédérales seront réduites mais les services de sécurité seront globalement épargnés. Les 1,4 million de militaires américains poursuivront leurs opérations mais sans être payés.

Désaccord sur la régularisation les "Dreamers"

La Chambre des représentants, à forte majorité républicaine, avait approuvé jeudi soir cette extension provisoire du financement de l'Etat fédéral, qui prévoyait également de prolonger pour six ans le programme d'assurance santé destiné aux enfants pauvres (Chip), une demande des démocrates.

"Maintenant, on a besoin des démocrates pour que (la loi de financement) soit approuvée au Sénat, mais ils veulent l'immigration clandestine et des frontières faibles", avait tweeté dans la matinée Donald Trump.

Les démocrates veulent la régularisation de 690.000 "Dreamers", arrivés clandestinement aux Etats-Unis quand ils étaient enfants et expulsables depuis l'abrogation par M. Trump du programme Daca qui leur offrait un statut de résident temporaire. Le président Trump a donné au Congrès jusqu'au 5 mars pour légiférer.

Qui paiera les dégâts ?

Le président républicain de la Chambre Paul Ryan, avait affirmé que "le peuple américain, en particulier les hommes et femmes en uniforme, méritent mieux qu'une fermeture du gouvernement".

"Des gens vont mourir", avait lancé le conseiller parlementaire de la Maison Blanche, Marc Short, blâmant des sénateurs démocrates "retranchés pour forcer une paralysie" alors que le texte sur les "Dreamers" n'est pas prêt.

Les démocrates estiment que les républicains qui ont tous les leviers du pouvoir seront tenus pour responsables de la paralysie et paieront le prix fort. Les républicains espèrent se servir du "shutdown" pour punir les sénateurs démocrates qui brigueront un nouveau mandat dans dix Etats remportés par Donald Trump à la présidentielle.

Sur le même sujet

Articles recommandés pour vous