Histoire criminelle

Scotland Yard : l’histoire vraie qui se cache derrière le film "La Grande Attaque du train d’or"

Histoire Criminelle, les enquêtes de Scotland Yard

Pour voir ce contenu, connectez-vous gratuitement

18 août 2020 à 16:51 - mise à jour 18 juil. 2022 à 15:25Temps de lecture3 min
Par La Première RTBF

Londres et Paris, 1855. Début des grandes expositions universelles. Un temps où Londres et Paris se revendiquaient comme des vitrines de la prospérité industrielle et des innovations techniques.

Au milieu du XIXe siècle, le développement industriel et les progrès techniques de l’Angleterre sont éclatants. L’empire britannique fait étalage de sa prospérité et de sa puissance. Et les Anglais sont fiers de ce nouveau moyen de transport développé depuis les années 1830 : le chemin de fer. Une invention majeure, qui va être d’une importance capitale dans La Grande attaque du train d’or

Une histoire adaptée en roman et film

Jérôme de Brouwer, historien du droit à l’ULB, rappelle que cette histoire criminelle célèbre a déjà fait l’objet d’une "mise en fiction": "Cette histoire, elle sera familière à certains auditeurs et auditrices. En effet, elle a inspiré un roman de Michael Crichton, l’auteur du célèbre "Jurassic Park". Roman qui a lui-même fait l’objet d’une adaptation cinématographique en 1979, avec Sean Connery et Donald Sutherland. Ceci étant, l’histoire racontée par Jean-Louis Lahaye s’appuie, me semble-t-il, sur une restitution assez fidèle du dossier, à la différence du livre de Michael Crichton, qui est très romancé".

Première grande affaire pour une jeune institution

Un matin de mai 1855, une fabrique de lingots d’or réputée, le célèbre établissement parisien "Veuve Lyon-Alemand et fils", découvre qu’on lui a dérobé un certain nombre de lingotsL’or arrive du continent américain et transite par l’Angleterre. Alors, après avoir relevé certaines évidences, les policiers français redirigent les soupçons de l’autre côté de la Manche.

Au sein de Scotland Yard, l’affaire est confiée à la Detective Branch, une unité qui n’a que quelques années d’existence, comme nous le rappelle Jérôme de Brouwer :

Rappelons qu’à l’origine, le projet de Scotland Yard était essentiellement de former une institution de maintien de l’ordre public et de prévention du crime. Son objectif premier n’était pas la découverte des criminels. On sollicitait d’autres services policiers, distincts de la Metropolitan Police. Notamment les Bow Street Runners. Mais Scotland Yard ouvre une "section" spécialisée dans l’investigation criminelle en 1842, la Detective Branch. L’assassinat de Lord Russel, en 1840, et l’enquête qui a suivi, avec ses failles (cf. un autre épisode d’Histoire criminelle), en a provoqué la formation. Une petite équipe à l’origine… Ils sont huit : 2 inspecteurs et 6 sergents. Elle est initialement dirigée par Pearce, l’inspecteur responsable de l’enquête sur l’assassinat de Lord Russel. Élément nouveau à l’époque, les policiers de la Detective Branch ne portent plus l’uniforme, mais sont habillés en "bourgeois", en civil…

Ainsi, l’attaque du train d’or est le premier crime "très professionnel" sur lequel la Detective Branch a été amenée à enquêter. Certes, ce n’est pas un meurtre effroyable, mais le montant du vol est considérable : plus de 17.000 livres de lingots et pièces d’or.

Percy Cruikshank, (1857) A Full Report of the Great Gold Robbery, London : H. Vickers

Un vol savamment orchestré

Et les recherches ne vont pas être aisées, car le champ des investigations est très vaste, et le modus operandi très moderne.

L’affaire sur laquelle enquête Scotland Yard est tout à fait extraordinaire : en effet, il s’agit du premier vol dans un train. Mais l’histoire reflète aussi l’adaptation de la criminalité à l’évolution des techniques, ici le développement du chemin de fer.

Au-delà des voies nouvelles qu’emprunte l’activité criminelle, on remarquera que les auteurs du vol ont fait preuve d’une habileté et d’une préparation toutes particulières. Fait notable : les lingots ont été remplacés par du plomb, pour arriver à un poids similaire, et ainsi retarder le plus possible la découverte de leur forfait.

Mais c’est aussi cette connaissance détaillée - peut-être trop détaillée - acquise par les voleurs, qui va orienter Scotland Yard sur la piste des agents responsables du transport et de la sécurité de la marchandise…

Les enquêteurs vont entamer la tournée des prestataires et fournisseurs anglais impliqués : la célèbre banque Bult and Abell, la South Eastern Railway Company, la société de sécurité Chubb and CompanyMais les interrogatoires restent sans succès, malgré des hypothèses plausibles et des suspicions qui paraissent fondées. Les preuves manquent, au point que Scotland Yard décide d’abandonner l’enquête… Ce sont finalement les révélations d’un détenu qui apporteront les informations conduisant à la résolution de cette impressionnante affaire. Révélations probablement encouragées, une fois encore, par une offre de prime attractive.

Sur le même sujet

Crime : Marie Besnard, l’empoisonneuse de Loudun ? (épisode 10)

36, quai des orfèvres

Crime : Landru, le seigneur de Gambais (épisode 2)

36, quai des orfèvres

Articles recommandés pour vous