Belgique

Salah Abdeslam utilisait une carte de crédit anonyme de bpost en Europe

La commission temporaire "lutte contre le terrorisme" de la Chambre
13 mai 2016 à 14:41 - mise à jour 13 mai 2016 à 14:41Temps de lecture2 min
Par RTBF avec Belga

Salah Abdeslam a utilisé pendant plusieurs mois avant son arrestation une carte de crédit prépayée anonyme de la société bpost pour se déplacer dans toute l'Europe, a affirmé ce vendredi à la Chambre Philippe de Koster, le directeur de la Cellule de Traitement des Informations Financières (CTIF) du blanchiment d'argent, réclamant la suppression des cartes prépayées.

Le Conseil des ministres a donné vendredi son feu vert à l'interdiction de cartes SIM anonymes des téléphones mobiles. Cette décision vise à rendre plus difficiles les communications entre terroristes. Le directeur de la Cellule de Traitement des Informations Financières (CTIF) juge toutefois que les cartes de crédit prépayées anonymes, qui permettent le financement du terrorisme, sont au moins aussi dangereuses. "Ces cartes sont l'instrument préféré des terroristes", dit-il. Salah Abdeslam a lui-même fait usage de telles cartes, a-t-il ajouté. Philippe de Koster a obtenu ces renseignements quelques jours après les attaques de son homologue luxembourgeois, bpost ayant confié la gestion de ces paiements électroniques à une société luxembourgeoise. La Cellule de Traitement des Informations Financières (CTIF) a dès lors interrogé bpost, qui a pu fournir des informations utiles liées à Salah Abdeslam au cours des mois avant les attentats à Paris.

Philippe de Koster a déploré la politique commerciale de bpost qui cherche à promouvoir ces cartes anonymes alors qu'elles représentent à ses yeux un danger.

Van Leeuw: une équipe d'enquête associe le FBI et des enquêteurs belges

La Belgique et le FBI ont créé une "joint investigation team" pour mener l'enquête sur les attentats qui ont frappé l'aéroport de Zaventem et la station de métro Maelbeek à Bruxelles le 22 mars dernier. "Il s'agit d'une première en Europe", a souligné vendredi le procureur fédéral Frédéric Van Leeuw à la Chambre.

"Cela nous a déjà énormément aidés pour certaines choses", a expliqué le magistrat. "Les Américains ont en interne - et donc pas sur base d'une collaboration internationale - beaucoup plus de possibilités que lorsque la Belgique pose une question à l'étranger. C'est une aide très concrète."

Frédéric Van Leeuw a notamment fait référence à des déchiffrages de messages ou de données codées. "Il s'agit par exemple de certains cryptages, pour lesquels nous ne recevions pas d'autorisation, et qui sont tout d'un coup devenus possibles. Je n'irai pas plus loin dans les détails. Cela me paraît assez clair comme cela." Le procureur n'a pas souhaité expliquer s'il s'agissait de données d'iPhones ou de messages envoyés via le service WhatsApp.

La coopération du FBI avait été annoncée une semaine après les attentats, mais l'équipe officielle d'enquêteurs belges coopérant avec les Américains a été mise sur pied il y a deux semaines.

La conseillère en matière de sécurité intérieure et de contre-terrorisme du président Obama, Lisa Monaco, a effectué une visite en Belgique cette semaine pour développer cette collaboration.

Après les attentats de Paris, la Belgique avait mis sur pied avec les autorités françaises une équipe d'enquête commune.