Rien n'échappe aux photographes de presse

Christine Taubira, piégée par la technologie
14 mars 2014 à 15:23Temps de lecture1 min
Par Grégoire Ryckmans

L'image au départ de la polémique, c’est celle de Christiane Taubira. La garde des sceaux française, qui a brandi en conférence de presse des documents censés prouver ses affirmations. Le seul problème, c'est qu'en zoomant dessus, les photographes ont prouvés que la ministre de la justice mentait. Ce n'est pourtant pas la première fois, que des hommes politiques se font piéger par les capacités techniques des appareils photos digitaux.

Christophe Licoppe, photographe professionnel détaille les possibilités : "Maintenant on a des boitiers qui ont tellement de pixels (le mien fait seize millions de pixels) qu’avec une bonne mise au point et de bonnes optiques (…) c’est un petit peu comme si on zoomait sur une photo de deux mètres ou trois mètres donc forcément on a une capacité de zoom assez impressionnante."

Pas une première

Les appareils photo ne cessent de se perfectionner et les indiscrétions des objectifs ne sont pourtant pas nouvelles. En 2007 déjà, Jean-Luc Dehaene s'était fait piéger alors qu'il tenait un document de travail sur ses genoux en se rendant au palais royal. Cela avait permis de savoir qu'il conseillait un retour aux urnes.

Un an plus tard, c'est le patron de Fortis qui révélait involontairement le plan de sauvetage de sa banque en le portant sous le bras. Ce n'est donc pas une nouveauté. Mais les hommes politiques ou les hommes d'affaires ne semblent pas encore avoir intégré cette donnée technique.

"Je pense que ce n’est pas leur métier et donc spontanément, ils ne pensent pas à la capacité des cadrages ou des zooms des photographes quand ils portent des documents", analyse Christophe Licoppe.

Reste à savoir s'il ne s'agit pas parfois aussi de plans de communication, les personnes sachant pertinemment que la feuille posée sur leurs genoux sera visible par les photographes. Pour les autres, il est vraiment temps d'intégrer l'indiscrétion numérique car les photographes, eux, continueront à faire leur métier.

Dominique Dussein avec Grégoire Ryckmans

Rien n'échappe aux appareils photos

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