Moteurs Endurance

Rétro : 24H du Mans 2016, un final hollywoodien bien cruel pour Toyota

24H du Mans 2016 : Un final hollywoodien bien cruel pour Toyota
24 mai 2020 à 06:25 - mise à jour 24 mai 2020 à 14:33Temps de lecture3 min
Par Cédric Lizin

Jusqu'au 14 juin, date à laquelle nous aurions dû connaître les vainqueurs des 24 Heures du Mans 2020, nous vous proposerons de revivre chaque dimanche le film officiel d'une édition récente de la classique mancelle. Ce dimanche, place à l'édition 2016...

>> Lire aussi : 24H du Mans 2015 : La gloire pour Porsche, la honte pour Nissan

Dimanche 19 juin 2016, 14h52. Dans huit minutes, nous connaîtrons les vainqueurs de la 84ème édition des 24 Heures du Mans... Avec plus d'une minute d'avance sur sa plus proche poursuivante, la victoire tend les bras à la Toyota N.5 confiée à Anthony Davidson, Sébastien Buemi et Kazuki Nakajima.

Mais un message radio du pilote japonais vient mettre le garage Toy en alerte : "Je perds de la puissance ! Que se passe-t-il ?"

Quelques instants plus tard, Kazuki Nakajima doit immobiliser sa TS050 Hybrid à même la piste, dans la ligne droite d'arrivée, quasiment là où il aurait dû célébrer le succès tant attendu par Toyota quelques minutes plus tard... Mais ce ne sera pas le cas.

Trois constructeurs, six voitures en lutte pour la victoire

La Toyota N.6

Il était écrit quelque part que ces 24 Heures du Mans allaient vivre un final hollywoodien. Sur la grille de départ, la veille, les acteurs Brad Pitt, Jackie Chan, Jason Statham, Keanu Reeves ou encore Patrick Dempsey s'étaient mêlés aux pilotes des soixante voitures présentes au Mans.

Deux Belges sont au départ : Laurens Vanthoor, sur la Ligier JS P2 à moteur Honda du Michael Shank Racing, et Marc Goossens, lui aussi engagé en LMP2 sur l'Oreca à moteur Nissan de chez Murphy Prototypes. Ils termineront respectivement 14ème et 34ème.

Le départ est donné sous une pluie battante, derrière la voiture de sécurité pour la première fois de sa longue histoire. Et après près d'une heure de neutralisation, les concurrents peuvent enfin en découdre...

Les deux Porsche, qui avaient dominé les qualifications, pointent devant les deux Toyota et les deux Audi. Hors du coup l'année précédente, les Japonaises semblent cette fois en mesure de venir taquiner les Allemandes et de viser la gagne.

Et rapidement, le Britannique Mike Conway, au volant de la Toyota N.6, prend les commandes de l'épreuve. Les six voitures de pointe se rendent coup pour coup avant la première salve de changement de pneus, la piste s'asséchant rapidement.

Audi cède du terrain, duel entre une Porsche et une Toyota

L'Audi N.7

L'Audi N.7 d'André Lotterer est la première à rencontrer un souci technique (turbo). Après vingt minutes perdues dans le garage, la Bavaroise, désormais confiée à Benoit Tréluyer, peut remonter en piste... Mais loin, très loin du quintet de tête, inséparable lors des premières heures de la course.

Au cœur de la nuit, c'est au tour de la Porsche N.1 de rendre les armes, à cause d'un souci de pompe à eau qui a provoqué des dégâts en cascade sur la 919 Hybrid. Bilan ? 39 tours perdus... Les deux Audi doivent pour leur part rentrer au garage pendant quelques minutes sur ordre de la direction de course, à cause de témoins lumineux défaillants.

A minuit, elles ne sont plus que trois en lutte pour la victoire : les deux Toyota et la Porsche N.2.

Le trio de tête continue à se battre pour la première place pendant de nombreuses heures. Mais alors que le jour est levé depuis longtemps et qu'on se rapproche de l'arrivée, Kamui Kobayashi perd le contrôle de la Toyota N.6, est obligé de passer par le garage, perd trois tours et tout espoir de victoire.

Un final très cruel pour Toyota...

Kazuki Nakajima

Elles ne sont plus que deux à pouvoir s'imposer : la Toyota N.5, désormais, en tête, et la Porsche N.2, qui est dans son sillage. Mais à moins d'un quart d'heure de l'arrivée, l'Allemande est victime d'une crevaison lente et doit repasser par les stands. Les tenants du titre pensent alors être battus... jusqu'à la soudaine perte de puissance de leur rivale japonaise, à peine quelques minutes plus tard.

Kazuki Nakajima tente de poursuivre sa route, mais il est obligé de s'arrêter juste après la ligne d'arrivée alors qu'il est... 14h56. Neel Jani et la Porsche N.2 passent en tête et franchissent en vainqueurs la ligne d'arrivée après 24 heures et 38 secondes de course.

Porsche remporte son deuxième succès consécutif au Mans, le 18ème de l'histoire du constructeur allemand dans la Sarthe. Neel Jani, Romain Dumas et Marc Lieb s'imposent devant la Toyota N.6 de Stéphane Sarrazin, Mike Conway et Kamui Kobayashi, deuxième à trois tours, et l'Audi N.8 de Loïc Duval, Lucas di Grassi et Oliver Jarvis, troisième à douze tours.

Pour Toyota, la désillusion est immense, mais ce final incroyable restera à jamais gravé dans la légende des 24 Heures du Mans... bien plus que ne l'aurait été une "simple" victoire des Japonais. Ce n'est de toute manière que partie remise pour l'équipe Toyota, bien décidée à revenir pour enfin s'imposer...

Articles recommandés pour vous