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Réfugiés ukrainiens : en Flandre, les familles d’accueil réclament des solutions durables

L'oeil de Flandre

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22 juin 2022 à 11:42Temps de lecture3 min
Par L'oeil de Flandre de Joyce Azar

Près de 4 mois après le début de l’invasion russe en Ukraine, plusieurs communes flamandes tirent la sonnette d’alarme : de plus en plus de familles qui accueillent actuellement des réfugiés ukrainiens demandent en effet de trouver une alternative pour leurs hôtes.

Cette situation serait notamment liée à l’arrivée de l’été. De nombreuses familles qui veulent partir en vacances ne souhaitent apparemment pas laisser leur maison entre les mains des réfugiés qu’elles hébergent. Cette semaine, l’Union des villes et communes flamandes et les communes de Kraainem, Zaventem et Wezembeek-Oppem ont dès lors appelé les autorités à agir rapidement, sans quoi certains réfugiés ukrainiens risqueraient, selon elles, de se retrouver à la rue.

Une solution temporaire qui ne l’est plus tant que ça

Effectivement, pas moins de 10.000 familles s’étaient portées volontaires pour accueillir des Ukrainiens en fuite. Le hashtag #Plekvrij (ou #placelibre) avait connu un énorme succès. Mais à l’époque, le gouvernement fédéral avait aussi promis que cette solution serait temporaire. Les familles flamandes s’étaient donc engagées à offrir leur toit pour une durée de maximum trois mois, une période qui est désormais écoulée.

L’arrivée de l’été ne serait pas l’unique raison qui expliquerait ce virage. Il y aurait notamment aussi des histoires de mésentente, ou encore un besoin de retrouver sa vie privée. Le bourgmestre de Wezembeek-Oppem va, lui, jusqu’à parler de certains mauvais comportements. Frédéric Petit évoque entre autres des états d’ivresse ou encore un manque de respect et de politesse. Mais globalement, pour beaucoup de familles d’accueil, il est tout simplement temps de passer à une solution plus durable.

Responsabilité des communes ou manque de coordination à un plus haut niveau ?

Les communes estiment avoir déjà fait de leur mieux en organisant elles-mêmes des dispositifs d’accueil, mais leurs possibilités restent limitées. Le soutien financier proposé par le gouvernement flamand ne serait en effet pas suffisant. D’après la bourgmestre de Zaventem, Ingrid Holemans, les administrations locales ont par ailleurs dû gérer de nombreuses tâches supplémentaires durant la crise du Covid, et aujourd’hui, avec la crise ukrainienne, les services sociaux ne parviennent tout simplement plus à garder le cap. Bref, " Trop is te veel " pour ces communes, qui pointent notamment du doigt un manque de coordination à un plus haut niveau.

Problèmes de gestion et de répartition des places d’accueil

La Flandre compte actuellement plus de 10.000 places d’accueil libres, spécialement destinées aux réfugiés ukrainiens (c’est d’ailleurs tant pis pour les sans-abri et les demandeurs d’asile qui dorment dans la rue). Ces places sont donc pour le moment vacantes, mais elles ne se situeraient pas toujours au bon endroit, en l’occurrence aux alentours des communes surchargées, ou encore près des écoles où les enfants ukrainiens devront se rendre en septembre.

Un autre souci constaté réside dans la communication entre les différents niveaux de pouvoir. Les communes, qui sont donc chargées de reloger les réfugiés ukrainiens, ne sont pas toujours suffisamment informées des possibilités qui existent. La plateforme numérique qui a été mise en place ne leur permet par exemple pas de voir où se trouvent les éventuelles places disponibles. Et puis, admettons-le, le gouvernement flamand n’a, semble-t-il, pas fait assez pour faciliter le travail des localités.

Des solutions concrètes déjà avancées ?

Le ministre flamand des Affaires intérieures, Bart Somers, a appelé les bourgmestres à contacter le gouverneur de leur province pour trouver ensemble des solutions dans les communes avoisinantes. Ce vendredi, le conseil des ministres du gouvernement flamand doit également se réunir pour tenter de créer 30.000 places d’accueil supplémentaires. En espérant qu’elles ne resteront pas vacantes, et que les administrations locales auront cette fois tous les outils en main pour héberger les réfugiés ukrainiens aussi chaleureusement que les milliers de foyers qui ont montré leur admirable solidarité.

 

 

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