Ramillies : un chasseur et agriculteur de 26 ans récompensé pour sa démarche écoresponsable

Louis a planté cette bande de miscanthus, où vient se réfugier du petit gibier
01 oct. 2021 à 04:06Temps de lecture3 min
Par Stéphanie Vandreck

Inciter le monde de la chasse à adopter de bonnes pratiques en matière de préservation de la biodiversité, et y sensibiliser le grand public par la même occasion, c’est le sens des prix décernés par l’asbl Faune et Biotopes. Un des lauréats de cette troisième édition est un jeune chasseur et agriculteur de 26 ans. Louis Dumont de Chassart s’est vu décerner le titre de "Jeune chasseur aménageur". Pour mieux comprendre sa démarche, nous l’avons rencontré sur ses terres à Ramillies.

La mare a été creusée pour permettre à la faune aquatique de s’y développer
La mare a été creusée pour permettre à la faune aquatique de s’y développer S. Vandreck

Maïs, haies et miscanthus

Sur les 200 hectares de terres familiales, plusieurs parcelles ont été aménagées pour favoriser la biodiversité. L’une des dernières en date est une bande de miscanthus, ou herbe à éléphant, plantée il y a trois ans. "C’est une zone où le gibier peut venir se réfugier, se reproduire et passer l’hiver. Par ailleurs, cette parcelle de miscanthus peut aussi produire de la biomasse", indique le jeune agriculteur. Le travail a été entamé par le père de Louis, voici 25 ans. Ici, une parcelle de maïs a été laissée en place pour permettre aux faisans et autres chevreuils de trouver de la nourriture. Là, des haies ont été plantées, tout comme des bandes fleuries ou enherbées. "Ce sont aussi des zones de refuge pour la petite faune des plaines, mais elles sont également bénéfiques pour l’environnement, en empêchant par exemple que les ruissellements d’eau des champs arrivent jusque dans les maisons", souligne-t-il. Là encore, une mare a été creusée pour permettre à la faune aquatique se développer.

 

Je me considère comme un naturaliste

L’aménagement et l’entretien de ces parcelles sont relativement coûteux, d’autant plus que l’agriculteur y a consacré entre cinq et dix pourcents de ses terres cultivables. "Pour la plantation de haies, nous sommes subventionnés par la Région, mais les frais d’entretien sont à notre charge", rappelle Louis Dumont de Chassart. Les principaux bénéfices qu’il en retire directement, c’est au niveau de son loisir, la chasse. "Il y a du gibier : du lapin, du faisan, ainsi que du lièvre", note-t-il. Mais pas question pour lui de chasser ce gibier à tout prix. "Ça ne représente que cinq pourcents du temps que je consacre à la chasse. Le reste, c’est surtout de l’observation. Je me considère comme un naturaliste : j’essaie d’observer au quotidien comment le gibier vit et se comporte. J’entretiens, j’aménage. Cela me prend quand même beaucoup de temps. Ce n’est pas mon métier, c’est vraiment une passion". Le fait d’observer ainsi la faune, lui permet aussi d’épargner certaines espèces quand elles se sont peu reproduites, comme les faisans, qu’il ne chassera pas cette année.

Louis, 26 ans, a été primé pour ses aménagements et sa démarche en tant que chasseur
Louis, 26 ans, a été primé pour ses aménagements et sa démarche en tant que chasseur S. Vandreck

Je ne pense pas être un meilleur chasseur. Peut-être plus responsable, peut-être plus raisonné.

Modeste dans sa démarche, Louis estime que ses activités forment un tout, inscrit dans la ruralité. "Je ne sais pas si le fait d’être agriculteur fait de moi un meilleur chasseur, mais cela me permet d’être tous les jours sur le terrain, pour observer ce qui va bien ou pas. Cela me permet certainement d’améliorer mon territoire au jour le jour, mais je ne pense pas être un meilleur chasseur pour autant. Peut-être plus responsable, peut-être plus raisonné. Mais c’est surtout la passion qui me motive", reconnait-il. Ce qui l’a motivé à participer à ce concours, c’est la sensibilisation du grand public, pour lui montrer une autre image de la chasse. "Les espèces que nous accueillons au sein de nos haies et nos sous-bois profitent aussi au public. Quand il va se promener sur les chemins de remembrement, il peut aussi bénéficier de l’observation de ces centaines d’espèces qui traversent nos campagnes". Soucieux de ses bonnes relations avec le public, il prend d’ailleurs le temps, à chaque fois qu’il sort chasser, de glisser un petit mot d’avertissement dans les boîtes aux lettres du voisinage.

Louis, récompensé pour sa chasse "écoresponsable"

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