Monde Europe

Qui présidera le Parlement européen en janvier ?

Martin Schulz
27 sept. 2016 à 16:13 - mise à jour 27 sept. 2016 à 16:13Temps de lecture2 min
Par Anne Blanpain, Anne Moulard

Une campagne électorale se met progressivement en place au sein des institutions européennes pour la présidence du Parlement européen. Si les députés européens jouissent d’un mandat pour une durée de cinq ans, leur président n’occupe le poste que deux ans et demi.

Il s’agit là d’une sorte de compromis entre les grandes familles politiques. Elles étaient chacune incapables d’obtenir la majorité. En conséquence, au lieu de chercher indéfiniment des soutiens dans les autres groupes, elles se partagent le poste.

Petit historique

L'actuel président, le socialiste Martin Schulz, a obtenu ce poste grâce au soutien de ses troupes évidemment mais aussi grâce au vote d'une grande partie des démocrates chrétiens. Martin Schulz est censé céder sa place en janvier à un démocrate-chrétien qui sera également soutenu par une majorité de socialistes. Sauf que… Martin Schulz a déjà fait deux demi mandats ; il a achevé le mandat du précédent parlement et il a commencé le mandat du parlement actuel. Et, il aimerait bien rester encore deux ans et demi et réaliser ainsi l'impensable jusqu'ici ; rester sept ans et demi au perchoir du parlement.

Jeu d’influence ?

Les démocrates chrétiens ont annoncé qu'ils présenteraient bien un candidat à la succession de Martin Schulz en janvier comme cela avait été prévu en juillet 2014.

Mais Martin Schulz pourra peut-être compter sur des soutiens de poids. Ainsi le président de la commission européenne, Jean-Claude Juncker, lui aussi démocrate-chrétien ne verrait pas d'un mauvais œil que le socialiste Martin Schulz demeure au parlement. Les deux hommes se connaissent bien, se respectent et travaillent plutôt bien ensemble.

Angela Merkel pourrait, elle aussi, préférer un Schulz qui reste à Bruxelles plutôt qu'un Schulz qui se lance dans la campagne des élections législatives allemandes de 2017.

Est-ce stratégiquement acceptable ?

Il ne suffit pas que Martin Schulz le veuille et qu'il ait quelques soutiens au sein des démocrates-chrétiens. Il lui faudra aussi le soutien de son groupe. On peut imaginer que les socialistes soient derrière leur président, que les démocrates-chrétiens le soutiennent également mais il sera loin d’avoir tout le monde. Il lui faudra aussi aller chercher des soutiens dans les autres groupes. Ce qui sera plus difficile.

On peut déjà oublier les groupes eurosceptiques et d’extrême droite. Les Verts, de leur côté, sont très remontés contre lui.

L’homme est réputé pour avoir la langue bien pendue.  Il n’hésite pas à prendre des positions pro-européennes très marquées en allemand, en anglais et en français.  

Certains lui reprochent d’œuvrer davantage pour sa propre visibilité que pour celle du Parlement. Ils critiquent également le fait qu’il ne demande pas toujours le mandat du parlement quand il participe aux sommets européens.  Ils pointe aussi son attitude très proche de la grande coalition allemande gauche-droite.

Du côté libéral, le soutien éventuel se discutera sans doute âprement.

Mais, Martin Schulz est-il candidat ?

On sait que Martin Schulz teste cette idée auprès de certains chefs de groupe au parlement. En outre, il a plusieurs fois laissé entendre qu'il ne redeviendra pas simple député européen, que s'il n'est plus président, il tentera sa chance sur la scène nationale allemande. Ce qui ne plaît pas à tout le monde.

Retrouvez toute l'actualité européenne avec Euranet Plus, le premier réseau d'information européenne