Qui pour succéder à Angela Merkel en Allemagne ? Armin Laschet, l’animal politique qui survit à tout

26 sept. 2021 à 05:05 - mise à jour 26 sept. 2021 à 13:47Temps de lecture3 min
Par Belga

Il était déjà ministre président de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, le cœur battant de l’industrie allemande et le Länder le plus peuplé d’Allemagne. Il a ensuite décroché de justesse en début d’année le scrutin pour la présidence du parti chrétien-démocrate CDU. Et en avril dernier, il a vaincu, de justesse toujours et après une rude bataille, son rival Markus Söder, président du parti frère bavarois CSU, pour être le candidat chancelier de l’union CDU/CSU.


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A la lecture de son curriculum vitae, tout dispose Armin Laschet à remporter aisément le poste, qui sera délaissé par sa collègue de parti Angela Merkel, après 16 ans à la tête de la première économie d’Europe. Pourtant, le sexagénaire rhénan semble encore loin du but à quelques jours du scrutin. Armin Laschet doit sa présidence du parti et sa candidature de droite à la chancellerie principalement à sa loyauté envers le parti et la confiance de ses cadres. Mais il peine à gagner le cœur de l’Allemand lambda.


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En mauvaise posture depuis le covid

Au plus fort de la pandémie du Covid-19, il n’a pas fait montre de détermination. Il a rapidement plaidé durant la première vague pour un assouplissement des mesures sanitaires dans son État fédéré. Par la suite, lui-même et son fils ont été critiqués pour avoir donné la priorité à une entreprise pour l’acquisition de masques et vêtements de protection.


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Les choses ne se sont guère améliorées par la suite dans les sondages. Peu après les inondations dramatiques qui ont frappé la Rhénanie-du-Nord-Westphalie cet été, il a été surpris hilare durant un discours du président Frank-Walter Steinmeier rendant hommage aux victimes des crues. Le fou rire du débonnaire Armin Laschet lors de jours sombres pour bon nombre d’Allemands a causé du tort à l’image du candidat.

Les sondages ne se sont jamais relevés ensuite pour le leader de la CDU. Seuls 12% des Allemands le choisiraient comme chancelier, selon le dernier sondage Insa. Il a été considéré comme le perdant des trois grands débats télévisés face à son principal rival social-démocrate Olaf Scholz.

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Soutenu par les pontes de la CDU

Pour tenter de redresser la barre, la campagne chrétienne-démocrate a davantage mis l’accent sur l’équipe et le contenu au cours des dernières semaines. Les pontes du parti, dont Angela Merkel et Markus Söder, ont martelé qu’Armin Laschet est l’homme dont l’Allemagne a besoin. La CDU/CSU tient avant tout à défendre l’image d’une formation unie avant le scrutin du 26 septembre.

Si la crédibilité de M. Laschet a été déforcée, le candidat reste cependant pugnace. Le souriant natif d’Aix-La-Chapelle, à la frontière belge, n’abandonne jamais. Les médias n’ont eu de cesse de saluer ses nerfs d’acier lors du duel pour la candidature face à Markus Söder. L’hebdomadaire Der Spiegel l’a à ce titre baptisé "l’homme en caoutchouc".

M. Laschet est, en bon animal politique, un survivant, et c’est pourquoi en dépit des sondages à sa défaveur, il ne peut pas encore être donné perdant. Lors des élections de 2017 dans son Länder, il avait démenti les sondages et décroché le poste de ministre-président. Dans un entretien récent au quotidien Die Welt, celui qui a régulièrement été sous-estimé refuse en tous les cas de s’avouer vaincu. "Je suis persuadé que je passerai la ligne en premier" dimanche, a-t-il assuré.

Armin Laschet est aussi un fidèle d’Angela Merkel, et tout comme la chancelière allemande sortante, il défend une ligne centriste et pro-européenne. Il a été un des rares à la soutenir en 2015 lorsque la chancelière a décidé d’accueillir des centaines de milliers de migrants de Syrie et d’Afghanistan. En 2005, en présentant sa politique d’intégration en tant que ministre régional, il avait été affublé du quolibet "Armin le Turc". Cependant, leurs opinions divergentes sur la gestion de la crise du coronavirus ont jeté un coup de froid sur les relations entre M. Laschet et Mme Merkel.

M. Laschet est issu d’une famille catholique modeste et père de trois enfants. Après ses études en droit, il a entamé une carrière journalistique avant de lui préférer la voie politique de centre-droit.

Le dossier de la matinale de La Première du 24 septembre 2021 :

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