Quand Isadora Duncan est coupée au montage

Isadora Duncan
03 sept. 2016 à 16:30Temps de lecture2 min
Par cbd

Un film sur son histoire a été montré à Cannes, il sortira bientôt, "La danseuse" de Stéphanie Di Giusto avec Soko et Lily-Rose Depp.

Affranchie de l'orthodoxie de la danse et des carcans chorégraphiques traditionnels, l'Américaine Isadora Duncan s'était aussi émancipée des carcans sociaux, et affichait, en tant que femme, une insolente liberté pour son époque.

Parce qu'elle avait des amants, parce qu'elle s'affichait avec des femmes, qu'elle était communiste, féministe et tout simplement parce qu'elle était ambitieuse, et avide de notoriété.

Son plus produit, son tout petit supplément d'âme, c'est son style qui est tout sauf académique.

Petite, elle danse presque avant de savoir marcher. Elle fait sienne la théorie du pionnier de la danse moderne François Delsarte qui veut que nos gestes sont les véhicules de nos émotions.

Elle danse de tout son corps et de toute son âme, alors qu'elle vient d'une famille austère et rigide d'origine écossaise, dont un aïeul avait combattu aux côtés de George Washington. Elle vient d'un milieu pauvre, elle a été élevée par une mère qui a dû sacrifier ses talents artistiques pour mener une vie domestique.

Adolescente déjà pourtant, Isadora enseigne la danse. Plus tard, elles ouvrira plusieurs écoles. C'est à Paris qu'elle connaît le succès, et à Moscou, ville qu'elle a ralliée par admiration des valeurs soviétiques, qu'elle se marie avec un poète de 18 ans son cadet qui finira par se suicider.

Dans tout ce qu'elle entreprend, côté cour et côté jardin, elle joue à saute-mouton avec les conventions.

Sur les parquets, elle abandonne la contrainte des chaussons qui emprisonnent le pied et lui dictent sa marche, elle se défait de la musique, aussi.

Elle danse presque nue, le corps largement suggéré derrière des voiles vaporeux à l'esthétique grecque antique.

Ironie du sort, elle mourra à 50 ans, à Nice, étranglée par le foulard en soie qu'elle porte autour du cou, qui s'est coincé dans une roue de sa décapotable. Elle a la nuque brisée par son accessoire fétiche, celui qui a fait sa marque et qui l'inscrira à jamais dans la mémoire collective.

Ce n'est pas la première fois que la voiture tue, dans la trajectoire d'Isadora Duncan. 14 ans plus tôt, en 1913, ses deux enfants se noient en compagnie de leur nourrice, prisonniers de l'habitacle qui plonge dans la Seine à Paris. Les cendres de la danseuse reposent à côté des leurs, au Père Lachaise.

Elle n'avait qu'une seule devise : Vivre sans limites.   

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