Justice

Procès des attentats de Bruxelles : Sven Mary explique pourquoi il ne sera pas l’avocat de Salah Abdeslam

L’avocat Sven Mary
29 juin 2022 à 07:17Temps de lecture2 min
Par Alain Lechien avec Thomas Gadisseux

Interrogé sur La Première, l’avocat Sven Mary explique pourquoi il ne défendra pas Salah Abdeslam lors du procès des attentats de Bruxelles : "Entretemps d’autres cours d’assises qui sont à l’agenda et sont fixées. De plus je pense que la durée de 10 mois est tout à fait insupportable et il est impossible de gérer tout le monde dans mon cabinet. De plus il a fait choix de son avocate parisienne qui, à mon sens, viendra à Bruxelles et constituera son équipe, et je n’en ferai pas partie".

Sven Mary a pu observer l’attitude de Salah Abdeslam au cours du procès de Paris : "Si le premier jour il se revendiquait comme membre de l’Etat islamique, à la fin, lorsqu’il a exprimé ses derniers mots, il y avait des excuses, il n’a pas voulu tuer, il n’était pas un meurtrier. On constate qu’en 10 mois qu’il y a eu dans son propos une évolution".

Selon l’avocat, "pour les parties civiles, la vérité c’est une chose extrêmement importante : le pourquoi de tout ça. Et de la part de l’accusé, il y a la volonté de vouloir livrer une vérité, sa vérité. Et cette vérité est corroborée, ou non, avec des éléments objectifs du dossier, et de là on sait si quelqu’un sincère ou ne l’est pas", c’est cela tout l’intérêt d’un procès selon lui.

Sven Mary estime que le procès tel qu’il s’est déroulé en France, avec des juges professionnels plutôt qu’un jury populaire, est un exemple à suivre : "En ce qui concerne des dossiers à connotation terroriste je suis un fervent supporter du système français". Il a récemment pu expérimenter la façon dont un procès d’assises se déroulera en Belgique dans l’ancien siège de l’Otan. La façon dont on peut sécuriser ces lieux engendre de nombreux problèmes : "Il y a quatre contrôles avant d’arriver au prétoire, les parkings sont à environ un kilomètre", il y a peu de lieux où se restaurer dans les alentours.

"Un juré populaire c’est quelqu’un d’émotif, quelqu’un qui n’a pas les notions de droit or je pense que pour juger les attentats de Bruxelles il va y avoir de très grandes notions juridiques. Un juge professionnel pourrait juger cela de façon nettement plus sereine qu’un juge non professionnel".

Lors des attentats de Bruxelles, "la Belgique a été touchée dans son cœur, comme la France l’a été, donc je pense qu’il faut faire ce procès. Même si on n’a pas véritablement eu des réponses en France, peut-être qu’en Belgique on aura ces réponses".

Précédemment Sven Mary a dû être placé sous protection policière en raison de la tension autour du procès lorsqu’il défendait Salah Abdeslam. "La nervosité va revenir et je peux la comprendre. Est-ce que j’ai envie de la revivre ou de la faire revivre à ma famille ? Non, pas du tout. Ce n’est pas la raison principale mais cela a joué un rôle dans la décision".

L'invité de Matin Première : Sven Mary

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