Procès d'un hacker pacifique: une menace pour la liberté sur internet

-Le procès d'un hacker américain, défenseur de la liberté sur internet
05 juil. 2013 à 10:40 - mise à jour 05 juil. 2013 à 11:17Temps de lecture1 min
Par Yasmine Salami

La justice américaine n’a pas aimé cette farce, et a récemment condamné Andrew Auernheimer, surnommé "Weev" à 41 mois de prison ferme. Les avocats du hacker font cependant appel, précisant que son infiltration dans les données personnelles d'AT&T n’a eu que "peu de retombées néfastes", et que le jeune homme agissait "uniquement dans l’intérêt public". Comme le rapporte Les Inrocks, Weev se positionne en tant que "hacktiviste", contraction entre hacker et activiste, et son but est de dénoncer des problèmes d’insécurité sur internet, quitte à baigner dans l’illégalité complète. S’il a violé l’accès aux données des clients d’AT&T, l’un des plus gros fournisseurs de services téléphoniques aux Etats-Unis, c’était d’après lui, uniquement pour faire réagir la firme. Ce qui n'a pas d'ailleurs pas tardé.

"Est-ce un crime, de visiter un site web public ?"

L’EFF (Electronic Frontier Foundation), l’ONG de lutte pour la défense de la liberté d’expression sur Internet aux Etats-Unis, s’est portée volontaire pour défendre gratuitement Weev. Elle reproche notamment au système législatif américain de mal encadrer ce type de délits, accusant systématiquement le piratage de données de fraude et de complot électroniques, sans tenir compte du contexte et du motif.

"Le futur d’internet pourrait bien dépendre de l’issue du procès", estime l’un des avocats de l’EFF. L’argument crucial mis avancé pour la défense du hacker réside dans le fait qu’il n’a même pas eu besoin de pirater le site web d’AT&T pour accéder à ces informations pourtant confidentielles. Weev avait en effet uniquement profité de la faille de sécurité pour la mettre en avant. "Est-ce un crime, de visiter un site web public ?", s’exclame la défense.

Ce procès met ainsi en lumière un argument presque irréfutable : un accès non désiré n’est pas synonyme d’un accès non autorisé. Les charges à l’encontre de Weev s’avèrent être très discutables, et ce procès signifie pour beaucoup d’Américains, une nouvelle lutte afin de préserver le futur d’Internet. 

Y.S. avec Les Inrocks

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