Préparatifs et premiers instants du Hackxplor

Des fournitures pour coucher ses idées sur le papier, ça ne se refuse pas
21 juil. 2015 à 18:06 - mise à jour 21 juil. 2015 à 18:15Temps de lecture3 min
Par Boris Krywicki

" Peut-être que parmi vous se cache l’un de mes futurs successeurs ". Jean-Paul Philippot, Administrateur général de la RTBF, conclut à peine son discours que les jeunes se concentrent déjà. Ils se répartissent sur la vingtaine de tables qui jalonnent la salle du Hackxplor. À partir de cet instant, elle va devenir leur lieu de travail et de vie. Pendant 48 heures, ils vont développer ensemble une application sur le thème de l’audiovisuel.

La veille, les participants du Hackxplor rencontrent leurs mentors grâce à un astucieux système de table ronde. Quatre thématiques autour desquelles tournoyer : le web (avec Taher Alami, Philippe Modard …), le Transmédia et le Design (Pierre Cattan, Nadia Berg…), Médias et Presse (Laurent Cagna, Marc Vanesse…) et le Cinéma (Nabil Ben Yadir, Domenico La Porta, …). Il s’agit de se rencontrer, mais en avançant : les échanges sont chronométrés, avec une rotation toutes les demi-heures. C’est peu pour des jeunes au bas de l’échelle, étreint par l’angoisse de la page blanche. Se pose la question de comment innover. " Doit-on dénicher l’idée du siècle venue de Mars ? ", s’émeut un membre de l’assistance. Les mentors le rassurent : faire du neuf avec du vieux peut suffire. " Le tout, c’est de détourner quelque chose que les gens connaissent pour lui trouver une nouvelle utilisation ", inculquent les professionnels.

Une équipe de candidats face aux mentors
Une équipe de candidats face aux mentors Boris Krywicki

L'accord sensible

Camper le rôle de mentor consiste aussi en un recentrage des candidats trop ambitieux. En quelques questions concrètes (" vous avez quoi ? ", " ça s’adresse à qui ? "…), l’on saisit mieux la direction que prennent les idées. Un mot d’ordre règne : le collaboratif. À la table cinéma germe, par exemple, l’esquisse d’un cadavre exquis de courts-métrages. Les utilisateurs créeraient ensemble un petit film, chacun contribuant depuis chez lui par une vidéo personnelle. " Pas mal, mais pensez à l’aspect ludique ", rétorque un réalisateur. " Les récents blockbusters ont souvent leur jeu dédié. Vous pourriez vous inspirer de cette dynamique dans l’air du temps ". Ces conseils à la volée, les candidats s’en délectent : ils leur économisent de précieuses minutes de débat.

Après un dernier brassage de leurs compétences ce mardi matin, les participants ont investi les studios Médiarives de la RTBF. Ils ont tous eu le temps de se rencontrer, de constituer des équipes pluridisciplinaires, d’échanger des embryons de projets. Certains profils se détachent. " Viens avec nous plutôt qu’avec eux, on fait monter les enchères ", plaisante un jeune pour recruter une graphiste hésitante. S’il règne une bonne entente, des désaccords subsistent sur la façon de travailler, le rythme à adopter. " Vous allez trop lentement pour moi ", lance un expert du langage informatique à ses compagnons désireux de coucher sur papier leurs idées. Mal à l’aise, le codeur rentre chez lui, se donne la nuit pour réfléchir. Ses camarades doivent évaluer leur avancement et choisir entre poursuivre et scinder le groupe pour en rejoindre d’autres individuellement.

Une équipe avec trois filles, dont deux québécoises, logiquement nommée "Les Céline"
Une équipe avec trois filles, dont deux québécoises, logiquement nommée "Les Céline" Boris Krywicki

Branle-bas de combat

La tâche s’avère plus compliquées que prévue. Il ne faut pas brûler les étapes. Négliger le discours de présentation du prototype serait une erreur : c’est sur cette base que le jury construira sa décision finale. Pour s’y entrainer et récolter une dernière impulsion créatrice, les équipes se succèdent en rangs pour exposer leur concept en trois minutes aux mentors. Ici, une plate-forme où les étudiants déposeraient leurs syllabus et se questionneraient sur la matière en temps réel. Là, une application de géolocalisation qui fournirait des anecdotes sur l’étymologie des lieux-dits visités par l’utilisateur. Les professionnels glissent quelques signaux positifs mais se montrent surtout critiques. La plupart du temps, un réflexe fait défaut à leurs apprentis : le " benchmarking ", une recherche de ce qui existe déjà dans le domaine visé pour vérifier que l’idée n’a pas déjà été exploitée.

Les participants ne peuvent omettre ces travaux préalables. Mais la course est déjà lancée, et la pression embrume l’esprit. Heureusement, les génies ont tout ce qu’il faut à leur disposition. La table centrale accueille une montagne de fournitures de bureau. L’organisation leur sert des repas et ils bénéficient d’une glacière remplie de boissons fraiches. Les chanceux disposent même d’un espace détente pourvu d’une table de ping-pong. La seule denrée qu’on ne peut leur fournir risque pourtant de se révéler la plus importante : le temps. Celui imparti continue de s’écouler, inexorablement.

Une table de ping-pong, ça aide à se défouler
Une table de ping-pong, ça aide à se défouler Boris Krywicki

Hackathon, 48h pour développer son appli

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