Plus de 600 personnes interpellées à Moscou lors d'une manifestation de l'opposition

600 personnes interpellées à Moscou lors d'une manifestation de l'opposition

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03 août 2019 à 13:33 - mise à jour 03 août 2019 à 15:45Temps de lecture2 min
Par AFP

Les autorités russes ont fait monter d'un cran la pression sur l'opposition, en réprimant samedi une nouvelle manifestation pour des élections libres à Moscou et en lançant une enquête pour "blanchiment" contre l'organisation du principal opposant au Kremlin.

Selon l'ONG OVD-Info, spécialisée dans le suivi des arrestations, et la police, quelque 600 personnes, dont des journalistes, ont été interpellées lors de cette manifestation non autorisée, qui réclamait l'ouverture des élections locales du 8 septembre aux candidats de l'opposition.

Ces arrestations font suite à une autre action de protestation réprimée le weekend dernier, qui s'est soldée par près de 1.400 arrestations. Du jamais vu depuis le retour en 2012 au Kremlin du président Vladimir Poutine, qui ne commente qu'à de très rares occasions les actions de l'opposition.

Les autorités semblent cette fois déterminées à tuer dans l'oeuf le mouvement de contestation, l'un des plus importants de ces dernières années.

Selon la police, 1.500 personnes ont participé au rassemblement. Selon des journalistes de l'AFP, qui ont assisté à des dizaines d'interpellations, le nombre des manifestants était plus élevé.

La manifestation se déroulait sans leader puisque la quasi totalité des meneurs de la contestation ont été emprisonnés depuis les protestations du weekend dernier. Dernière opposante d'envergure encore en liberté, Lioubov Sobol, une avocate de 31 ans, a été interpellée quelques minutes avant le début de la manifestation.

"Les autorités font tout ce qu'elles peuvent pour essayer d'intimider l'opposition, pour s'assurer que les gens ne sortent pas dans la rue pour protester pacifiquement", a-t-elle déclaré avant son arrestation. En grève de la faim depuis trois semaines, elle a jusqu'ici échappé à la prison du fait qu'elle a un enfant en bas âge.

Resserrant l'étau autour du principal opposant au Kremlin, Alexeï Navalny, la justice russe a annoncé samedi l'ouverture d'une enquête pour "blanchiment" contre son organisation, le Fonds de lutte contre la corruption, à l'origine de nombreuses enquêtes sur le train de vie et les combines des élites.

Dans sa dernière enquête diffusée jeudi, M. Navalny a accusé l'adjointe du maire de Moscou Natalia Sergounina d'avoir détourné des milliards de roubles d'argent public dans la gestion du parc immobilier de la mairie.

Grogne sociale

Absent des dernières manifestations, Alexeï Navalny purge actuellement une peine de 30 jours de prison. Hospitalisé le week-end dernier pour une "grave réaction allergique" avant d'être renvoyé en cellule, il a saisi la justice pour un possible "empoisonnement".

La plupart de ses alliés et des autres meneurs de la contestation ont eux aussi écopé de courtes peines de détention, comme plusieurs candidats de l'opposition refoulés des élections locales de septembre tels qu'Ilia Iachine, Ivan Jdanov et Dmitri Goudkov.

La justice a également inculpé plusieurs personnes dans le cadre d'une enquête pour "troubles massifs", une accusation lourde qui fait planer la menace de peines allant jusqu'à 15 ans de prison. Cinq d'entre elles, dont des avocats travaillant pour des ONG de défense des droits civiques, ont été placés en détention provisoire vendredi dans l'attente de leurs procès.

La contestation a démarré après le rejet des candidatures indépendantes aux élections locales du 8 septembre, qui s'annoncent difficiles pour les candidats soutenant le pouvoir dans un contexte de grogne sociale.