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Pétrole: l'Iran cesse ses ventes à la France et au Royaume-Uni

Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad (C) visite la raffinerie de Abadan (sud-ouest), le 24 mai 2012
19 févr. 2012 à 12:45 - mise à jour 19 févr. 2012 à 15:25Temps de lecture3 min
Par AFP

"Les ventes de pétrole aux compagnies britanniques et françaises ont cessé", a déclaré M. Nikzad.

"A la suite de la décision officiellement annoncée par le ministère des Affaires étrangères, le ministère du Pétrole a cessé ses ventes de pétrole aux compagnies britanniques et françaises", a-t-il ajouté.

"Nous avons prévu de livrer notre pétrole à d'autres clients", a-t-il ajouté.

L'Iran vend 20% de son pétrole à l'UE

Deuxième pays de l'Opep, l'Iran produit 3,5 millions de barils de pétrole par jour et en exporte 2,5 millions.

Il vend un peu plus de 20% de son pétrole aux pays de l'Union européenne (soit environ 600 000 barils par jour), essentiellement à l'Italie, à l'Espagne et à la Grèce. Téhéran exporte 70% de son pétrole vers les pays d'Asie.

La France, pour sa part, importait en 2011 quelque 58 000 barils par jour de brut iranien, ce qui couvre 3% de ses besoins en or noir.

Mercredi, les ambassadeurs de six pays européens (France, Italie, Espagne, Grèce, Portugal et Pays-Bas) avaient été "invités" par le ministère des Affaires étrangères iranien et mis en garde contre un possible arrêt des livraisons de pétrole.

Téhéran affirme pouvoir remplacer facilement ses clients européens

"Nous pouvons immédiatement remplacer nos clients (européens, NDLR). Si cela n'a pas encore été fait, c'est en raison de la politique humanitaire de l'Iran et de la situation actuelle en Europe", avait déclaré Hassan Tajik, le directeur général pour l'Europe occidentale du ministère, selon les médias iraniens.

Les prix du baril ont connu une brève envolée après cette annonce, qui renforce les inquiétudes sur les approvisionnements énergétiques européens, malgré les assurances de l'Arabie saoudite, premier exportateur mondial, sur sa capacité à compenser l'absence de brut iranien.

Vendredi, le baril de "light sweet crude" (WTI) pour livraison en mars était à 103,24 dollars sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), son plus haut niveau depuis mai 2011.

Les importateurs européens ne seraient pas affectés

Téhéran a déjà menacé ces dernières semaines d'interrompre immédiatement ses exportations de pétrole à l'Europe, après l'embargo décidé en janvier par l'UE sur le brut iranien.

Les pays de l'UE se sont mis d'accord le 23 janvier pour imposer un embargo pétrolier graduel sans précédent contre l'Iran ainsi que pour sanctionner sa banque centrale afin d'assécher le financement de son programme nucléaire controversé.

Les nouveaux contrats pétroliers avec l'Iran ont été interdits par l'UE avec effet immédiat, mais les principaux acheteurs de pétrole iranien ont jusqu'au 1er juillet pour annuler les contrats existants, le temps de trouver d'autres fournisseurs.

La baisse des exportations iraniennes n'affecterait guère les importateurs européens, qui ont de toute façon l'intention de "changer de fournisseur", avait relativisé la Commission européenne.

Situation particulièrement tendue

La situation est particulièrement tendue entre la république islamique et certaines chancelleries "occidentales".

D'une part pour la seconde fois en moins d'un mois, l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) envoie à Téhéran une mission dite de "la dernière chance" pour tirer au clair la nature exacte du programme nucléaire iranien. Le but est d'obtenir des garanties sur le fait que le programme iranien n'est pas à visée militaire, mais bien strictement civil, comme l'affirme la République islamique. 

D'autre part, des navires de guerre iraniens sont entrés ce samedi en Méditerranée après avoir franchi le canal de Suez, ce qui n'était plus arrivé depuis la révolution islamique iranienne en 1979. 

Julien Vlassenbroek avec AFP

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