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"On jette près de 100 kilos de tomates par semaine" : les producteurs locaux de fruits et légumes peinent à écouler leur production cet été

L’un des étalages de légumes de BEES Coop

Les producteurs locaux de fruits et de légumes écoulent difficilement leurs stocks pendant ces mois d’été.

La faute à l’absence d’acheteurs de ces produits bios et locaux. Beaucoup sont visiblement partis en vacances. L’été est aussi le moment pendant lequel les légumes et les fruits arrivent à maturité. Peu de demandes, beaucoup d’offres, les producteurs sont donc parfois contraints de laisser pourrir leur récolte.

Ce phénomène, les membres de la coopérative BEES Coop l’observe depuis quelques semaines.

Dans les rayons du supermarché coopératif à Schaerbeek, les clients sont moins nombreux. Du 15 juillet au 15 août, c’est la période creuse. Dans les allées des produits frais, il faut donc revoir la stratégie. "Nous essayons de jongler intelligemment avec des productions qui vont partir facilement comme les concombres ou les tomates, et avec d’autres productions, qui vont moins bien partir, comme les choux. C’est également la saison pour ces derniers", explique Manon, la responsable du rayon fruits et légumes. Grâce à cette méthode, seuls 5% des légumes mis à la vente dans le magasin restent invendus. "Mais c’est vrai qu’il y a beaucoup moins de monde dans le magasin cet été", conclut la responsable de rayon.

Entre les étales, ce jeudi 4 août, il y avait quand même Cristina, elle est membre de la coopérative. "Je suis toute seule à la maison donc je ne peux pas faire grand-chose pour éviter ce gaspillage. Là, je vais amener une salade à ma voisine", confie-t-elle. "C’est une folie de partir en vacances en ce moment. Les mois d’été ont été prévus au commencement pour faire la récolte", tient-elle à faire remarquer.

Les maraîchers se retrouvent avec beaucoup d’invendus

"Depuis un mois, on se retrouve avec cent kilos de tomates non vendues chaque semaine", entame Anna Panier, l’une des maraîchères de la ferme Groentelaar qui fournit la coopérative. "C’est énorme à notre échelle. C’est la même chose pour les salades, les courgettes. Nous sommes à la moitié d’une vente de l’automne. Nous pourrions vendre deux fois plus de ce que l’on fait actuellement", précise-t-elle. Autre exemple, pour un autre maraîcher collaborateur de la coopérative. Il aurait récolté cette année plus de mille choux et n’en aurait vendu qu’une trentaine. Les producteurs sont donc contraints de brader les prix, de donner la production à des associations ou simplement de laisser pourrir les légumes sur les cultures. En effet, récolter coûte de l'argent et du temps pour le producteur qui ne peut pas assumer ces coûts alors que les rentrées financières sont faibles. Ils sont donc parfois obligés de laisser mourir certains légumes sur leur plants, ceux qui ne trouvent pas acquéreur.

BEES Coop s’ouvre aux non-coopérateurs cet été

La coopérative a décidé d’ouvrir le magasin à tout le monde hors coopérateurs pour tenter de vendre davantage de fruits et légumes pendant ces mois d’été. Un appel pour consommer local a été partagé plusieurs centaines de fois sur les réseaux sociaux.

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