La Grande Forme

Nutri-score : une fausse bonne idée ce label alimentaire ?

Le nutri-score vise à combattre la malbouffe. En soi, il est assez efficace, à condition de bien en comprendre le principe. Mais quels sont ses avantages et ses inconvénients ? Éléments d'information avec Véronique Liessenutritionniste-diététicienne et chroniqueuse "food" pour l'émission "La Grande Forme".

On parle beaucoup du nutri-score ces derniers temps. C’est ce petit logo composé de lettres qui vont de A à E, et de couleurs, qui est supposé nous aider à mieux choisir nos produits alimentaires et à faire des choix plus sains. Pourquoi en parle-t-on autant ? Tout simplement parce que l’Europe a proposé de rendre obligatoire fin 2022 un étiquetage nutritionnel simplifié identique à tous les pays en Europe, et c’est le nutri-score qui est pressenti, donc l’étiquetage français créé par Serge Hercberg et ça fait débat car de nombreux pays ont leur propre étiquetage simplifié et chacun essaie un peu de positionner le sien. Mais la Belgique, comme les Pays-Bas et la France l’utilisent déjà.

Il s'agit d'un calcul effectué par un algorithme qui consiste à accorder des points selon la teneur en fibres, en protéines, en légumes, en fruits, en oléagineux etc. et à retirer des points selon la quantité de graisses, de graisses saturées ou de sel par exemple.

"C’est intéressant si on compare des aliments entre eux. Une huile, par définition, ne va jamais avoir un score A puisque ce n’est que du gras. Or, nous avons besoin de gras. À l’inverse, certaines sociétés agro-alimentaires manient habilement le score et parviennent à faire en sorte que des aliments assez peu recommandables obtiennent un B, voire un A. Vous n’allez pas laisser en rayon une bonne huile d’olive, sous prétexte que la pizza aux légumes a un score A. Cela n’a pas de sens. Donc pour comparer deux biscuits entre eux, oui, ou deux pizzas ou deux autres produits identiques, ça vaut la peine" souligne Véronique Liesse, nutritionniste-diététicienne.

Nutri-score : une fausse bonne idée ce label alimentaire ?

Pour voir ce contenu, connectez-vous gratuitement

Si les sociétés agro-alimentaires manient le score, c'est parce que les critères utilisés pour l’algorithme sont connus et accessibles à tous. Vous pouvez facilement télécharger le tableur Excel qui reprend tous les critères, vous indiquez les ingrédients, et cela vous donne automatiquement le nutri-score. Donc, les recettes sont quelques peu modifiées, on ajoute un peu de légumes par ça, un peu de protéines par là et hop, ça améliore le nutri-score. Résultat : le score ne tient compte que de la présence des nutriments.

 

Améliorer le nutri-score 

Il faut reconnaitre que c’est très difficile, voire impossible de trouver un système qui soit à la fois facile à comprendre, très visuel, et parfaitement le reflet de la réalité. Mais pour le rendre à mon sens vraiment intéressant, il faudrait tenir compte d’au moins deux facteurs supplémentaires :

  • Le niveau de transformation : vous pouvez aujourd’hui avoir, par exemple, un vrai fromage fabriqué de façon traditionnelle, avec tous ses bienfaits car il va être fabriqué au lait cru, qui va avoir un moins bon score qu’un fromage ultra industriel qui n’a en fait rien d’un fromage, mais qui sera par exemple allégé, donc qui contiendra moins de gras et moins de calories. Mais ça n’en fait pas du tout un meilleur aliment pour la santé, que du contraire.
  • Le nombre d’additifs : le nutri-score n’en tient pas du tout compte. Ce qui est bien dommage.

Bien choisir ses produits

  • Le nutri-score oui - il ne faut pas tout jeter à la poubelle - mais seulement pour comparer les produits entre eux. Et encore, ce n’est pas suffisant.
  • On on va, en plus de ça, regarder la liste des ingrédients
    • Plus elle est longue, plus c’est suspect
    • Plus  il y a d’additifs, moins c’est un aliment conseillé
    • Plus  il y a des mots bizarres, qui ne sont pas des ingrédients qui se mangent, par exemple de la caséine de lait, du lactosérum, de l’acide palmitique, etc. plus on a la certitude que c’est un produit transformé.

"Sans oublier que l’équilibre alimentaire se joue non pas sur un produit, mais sur plusieurs jours. Ce n’est pas parce qu’un aliment est E qu’il faut s’interdire de le consommer. C’est si on en mange tous les jours et à tous les repas que ça peut devenir problématique" conclut notre chroniqueuse Food.

Retrouvez "La Grande Forme" en direct du lundi au vendredi de 13h à 14h30 sur VivaCité. Vous avez manqué l’émission ? Nous vous invitons à la revoir sur Auvio ainsi que sur différentes plateformes de Podcast.

Loading...

Sur le même sujet

Guerre en Ukraine : pas de pénurie alimentaire en Belgique à la suite de la guerre, assure le SPF Economie

Guerre en Ukraine

Les taches pigmentaires : pourquoi en a-t-on et comment les traiter ?

La Grande Forme

Articles recommandés pour vous