Numérisation de l'économie, défi majeur du nouveau gouvernement wallon

Numérisation de l'économie, défi majeur du nouveau gouvernement wallon
26 juil. 2017 à 09:54 - mise à jour 26 juil. 2017 à 09:54Temps de lecture3 min
Par RTBF La Prem1ère

Lors de leur conférence de presse de présentation de l'accord au niveau wallon, Benoît Lutgen et Olivier Chastel ont notamment fait référence à la numérisation de l'économie. On s'y est intéressé dans Matin Première avec notre spécialiste Pierre Hermant. 

La révolution numérique

Olivier Chastel avait mentionné une mesure pour doper l'économie : la numérisation de l'économie. C'est la révolution numérique ou quatrième révolution industrielle. Rappel: la première, c'est le charbon, la vapeur et l'acier. La deuxième, c'est l'électricité. La troisième, l'énergie nucléaire et la quatrième, la numérisation : c'est surtout la transformation, l'usage de technologies avec un maximum de données, de data. (textes, sons, images). Ces technologies peuvent directement impacter notre vie quotidienne.

Des exemples concrets 

Les GAFA (Google, Amazon, Facebook et Apple) n'existaient pas il y a quelques dizaines d'années et en l'espace d'un petit temps sont devenus très forts. Uber est le symbole de ces entreprises d'un genre nouveau, qui s'empare des marchés à la barre des opérateurs historiques, en l'occurrence les taxis. Les données utilisées par Uber, c'est toute la géolocalisation, vos coordonnées GPS ce qui fait la qualité du service. Il n'y a plus de frictions lors du paiement parce qu'ils ont vos données bancaires, toute une série de références, comme par exemple l'historique du chauffeur et de l'usager. D'autres applications comme Airbnb, font de même.

Technologie et dérivés

Il y a trois types différents d'activité : la numérisation elle-même, les activités de support (4G, 5G, fibre optique, opérateurs télécoms, équipementiers informatiques qui produisent laptops, téléphones mobiles, composants et logiciels), et enfin les activités nées de ces technologies. Ce sont les GAFA, avec leurs applications et le commerce en ligne. Ça n'existait pas avant, il y a un commerce qui se fait uniquement en ligne et puis il y a tout ce qui est MP3, Spotify. Ce type d'activité se transforme au quotidien, s'adapte : banques, assurances, automobile, mais aussi industrie lourde ou administration.

Comment est-ce que cette numérisation et cette industrie lourde peuvent se rejoindre?

Dans l'industrie lourde, la numérisation c'est par exemple l'automatisation, la robotique, tous ces jobs qui vont être remplacés, ça concerne surtout tous les jobs qui ne nécessitent pas un véritable raisonnement, routiniers. On ne pense pas simplement aux robots qui passent de gauche à droite. Pour donner des exemples modernes, en Angleterre, une société vend un robot de cuisine qui peut faire plus de 2000 recettes programmées avec des gestes qui copient exactement les grands chefs, c'est assez performant. On a aussi, l'imprimante 3D qui peut construire une maison. Tout est automatisé, l'encodage des factures. Ce sont des jobs qui vont disparaître et de nouveaux vont également naître.

Le défi en Wallonie: miser sur l'éducation, l'apprentissage continu et investir

Le problème en Wallonie, c'est qu'on a un tissu avec beaucoup de petites entreprises et il y a un retard aujourd'hui. 90% sont connectées, c'est déjà une bonne nouvelle, selon une étude de l'Agence numérique wallonne fin 2016, mais il y en a seulement 40% qui ont un site Internet, seulement 15% qui pratiquent l'e-commerce. J'ai interrogé un des jeunes,t membre du Conseil numérique wallon, qui a une entreprise dans le domaine digital : Simon-Pierre Breuls d'Universem. Il partage ce constat, il y a un vrai retard et le paradoxe est que ce retard contraste par rapport au fait que les Wallons, eux, sont super connectés. On a une population des plus connectées mais quand elle veut passer une commande en ligne, elle ne retrouve pas les produits des acteurs wallons. On retrouve plutôt des Néerlandais, des Allemands, par exemple, Coolblue qui vend des produits électroniques en ligne. Donc il faut que ces sociétés rattrapent ce retard, se mettent en ligne. L'avantage, c'est que vu que la majorité des sociétés wallonnes sont petites, si elles font l'investissement, elles pourront rattraper ce retard. Il faut donc miser sur l'éducation et il faut faire la promotion de l'apprentissage continu puisque 75% des nouveaux jobs de demain sont encore inconnus aujourd'hui. Il faudra être attentif au budget qu'ils vont investir.

Un exemple sur le site de Digital Wallonia, le smart farming, la révolution numérique appliquée à la ferme.