Nouvelles révélations sur GIAL: deux autres marchés publics posent question

GIAL, une ASBL liée à la Ville de Bruxelles.
16 févr. 2018 à 15:47 - mise à jour 16 févr. 2018 à 15:47Temps de lecture2 min
Par Karim Fadoul et Maïté Warland

La RTBF a pu mettre la main sur les conclusions du rapport d'audit relatif aux marchés publics passés par GIAL, ASBL émanant de la Ville de Bruxelles en charge de l'informatique. Ce vendredi, Le Vif révélait le contrat de consultance problématique de Michel Leroy, dirigeant de la société Altera Via, rémunéré 1000 euros par jour (après indexation). Désormais, la RTBF apprend que l'audit ne pointe pas que ce dysfonctionnement. 

Dans ses conclusions, le document pointe que "pour deux marchés publics", "leur désignation a été réalisée sans respect des règles de concurrence et sans certitude de prestations de services à proportion des montants payés". 

Un marché à 100.000 euros

Le premier marché concerne la société SUNDARI, à Anvers. Celle-ci est active dans le domaine de la sécurité informatique. Après les attentats de 2015 et 2016, GIAL fait appel à SUNDARI pour améliorer la sécurisation de ses données et son matériel. Le contrat est conclu en urgence et sans mise en concurrence. Pourtant, le montant du marché n'est pas négligeable : 100.000 euros. Pour les auditeurs, l'urgence n'était aucunement justifiée - la mission de SUNDARI s'est étalée sur une année -, ce que reconnaît aujourd'hui la direction de GIAL.

Le deuxième marché pointé du doigt concerne la société Brel & Partners, basée à Waterloo. Ici, on parle de missions en lien avec le marketing. Mais pour l'auditeur, on ne parvient pas à faire le lien entre les prestations fournies par Brel et les sommes versées par GIAL. Quelles sommes ? On parle d'un montant inférieur à 30.000 euros et d'un marché qui n'a pas été présenté au conseil d'administration.

13% des dépenses posent question

Si l'audit épingle des "problématiques limitées", révélées ce vendredi par La Vif et la RTBF, il reconnaît que "les procédures de marché qui ont été passées en revue répondent aux exigences de la réglementation des marchés publics". Entre novembre 2015 et décembre 2016, soit la période analysée par l'audit, GIAL a conclu des marchés pour un montant total de plus de 16 millions d'euros, bénéficiant à 349 prestataires.

Parmi ces 349 prestataires, 295 ont été payés à hauteur de 3,4 millions sans marché public, car sous le seuil d'application de la procédure. L'audit relève que pour un solde de 2,2 millions d'euros soit 13% des dépenses totales de GIAL, il y a questionnement. "L'analyse de ces dépenses démontre que pour une partie de celles-ci, elles auraient dû faire l'objet d'un marché public. Il y a donc sur ce point, non-respect de la réglementation sur les marchés publics", écrit l'audit.

Pour les autorités de la Ville de Bruxelles, on rappelle que l'audit a été initié à la demande des dirigeants de GIAL et que tout est mis en oeuvre pour rectifier les manquements.

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