Energie

Nouvelles règles européennes sur le stockage du gaz naturel : chaque pays doit atteindre au moins 80% avant l'hiver

27 juin 2022 à 14:18Temps de lecture2 min
Par Belga, édité par Adeline Louvigny

Les 27 États membres ont validé lundi en Conseil de l'UE les nouvelles règles européennes concernant le stockage du gaz naturel. Pour le 1er novembre prochain, chaque Etat membre devra, sauf exception, avoir rempli à 80% ses installations de stockage souterrain de gaz. Les années suivantes, l'objectif sera de 90%.

Ce nouveau règlement vise à éviter les ruptures d'approvisionnement durant l'hiver prochain et contribuer à éviter une envolée continue des prix, alors que la guerre en Ukraine perturbe fortement la fourniture de gaz russe dont le continent est dépendant.

En Belgique, un site de stockage en province d'Anvers 

La plupart des Etats européens, dont la Belgique, disposent de capacités de stockage souterrain de gaz. En Belgique, elles sont de 9 térawatt/heure, et situées en un seul lieu, à Loenhout, en province d'Anvers. La société Fluxys gère le site. Elle met aux enchères les volumes de stockage disponibles, qui sont remplis par divers opérateurs. 

Le pays n'est pas un "gros" joueur européen sur le plan du stockage, contrairement à l'Allemagne, l'Italie, la France, les Pays-Bas et l'Autriche, qui à eux cinq représentent les deux tiers de la capacité totale de l'UE (qui est de 1.110,7 TWh - retrouvez l'ensemble des capacités de stockage des États membres sur cette infographie du Conseil européen).

Mais le site de stockage de la Belgique a une position idéale, au carrefour des flux et avec Zeebruges comme terminal important de GNL, note-t-on au cabinet de la ministre de l'Energie Tinne Van der Straeten. 

"Trajectoire de remplissage"

Pour chaque Etat ayant du stockage souterrain, une "trajectoire de remplissage" a été définie, avec des objectifs intermédiaires avant novembre. L'État a une certaine marge de manœuvre pour parvenir à ce remplissage, entre autres via des obligations, des incitations financières ou des rabais tarifaires de stockage si nécessaire. 

Pour la Belgique, les objectifs intermédiaires sont de 49% au 1er août, 62% au 1er septembre et 75% au 1er octobre. Actuellement, le site de Loenhout est déjà rempli à 56%. "Nous sommes en avance d'environ un mois sur le remplissage habituel. Et notre objectif est de toute manière d'arriver à un remplissage de 90%, auquel nous parviendrons vers fin octobre, début novembre", note lundi Stéphanie Maquoi, porte-parole de la ministre Tinne Van der Straeten.

Le règlement prévoit toute une série d'exceptions, par exemple pour les Etats n'étant pas connectés aux autres sur le plan gazier, ou ceux qui n'ont aucune capacité de stockage (c'est le cas par exemple du Luxembourg, de la Grèce et de la Finlande), qui devraient veiller à assurer un stockage d'au moins 15% de leur consommation annuelle moyenne sur le territoire d'autres États membres. Le Conseil précise également que les situations entre États membres étant très variables, certains pourront atteindre partiellement leurs objectifs en incluant les stocks de gaz naturel liquéfié (GNL) ou de carburants alternatifs. Les objectifs de remplissage valent jusque fin 2025. 

Le règlement introduit aussi une obligation de certification des gestionnaires des sites de stockage, par une autorité compétente dans chaque Etat. Si l'autorité nationale estime qu'il y a un risque que le gestionnaire subisse une influence néfaste pour la sécurité d'approvisionnement du pays, il devrait refuser la certification, précise le texte.

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