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Nouveau statut: les accueillantes d'enfants en Brabant wallon soulagées

Martine vient de signer un vrai contrat de travail en tant qu'accueillante à domicile
03 juil. 2018 à 16:38Temps de lecture2 min
Par Stéphanie Vandreck

On peut dire que les accueillantes d'enfants de zéro à trois ans à domicile reviennent de loin: de gardiennes encadrées, qui étaient en fait bénévoles, juste remboursées de leurs frais, elles ont obtenu une protection sociale en 2003, devenant ainsi accueillantes conventionnées. Mais cela ne leur garantissait aucun salaire, aucun congé payé. La Fédération Wallonie-Bruxelles lance donc un projet pilote sur 2018 et 2019: 200 accueillantes déjà en fonction vont signer un vrai contrat de travail et obtenir un nouveau statut, celui d'accueillantes salariées à domicile. 400 nouvelles accueillantes devraient par ailleurs être recrutées d'ici deux ans.

C'est un peu Noël en avance. Depuis le temps qu'on attend!

Accueillante depuis 27 ans à Grez-Doiceau, Martine Bouvier est une des premières à avoir signé un contrat de travail à domicile. "C'est un peu Noël en avance. Depuis le temps qu'on attend!", se réjouit-elle. Elle découvre les congés payés, les pécules de vacances et le salaire fixe qui tombe à la fin du mois, quel que soit le nombre d'enfants qu'elle accueille chez elle. "Il y a ceux qui tombent malades. Mais il y a aussi beaucoup de parents enseignants qui les gardent à la maison pendant les vacances. Certaines accueillantes ne veulent pas de parents enseignants, car deux mois, ça fait quand même un trou énorme".

Deux fois moins d'accueillantes en Brabant wallon depuis 2000

Martine est aujourd'hui la seule accueillante à domicile de sa commune. Elle ne compte plus les appels de parents désespérés qui cherchent une place. La situation est similaire un peu partout dans la province : entre 2000 et 2017, le nombre d'accueillantes à domicile a diminué de moitié. "On est plus dans la même situation que dans les années 70. Beaucoup de femmes au foyer se sont lancées dans cette activité à l'époque. C'était un petit supplément pour le ménage, mais c'était encore possible de vivre et de payer la maison avec le seul salaire du mari. Aujourd'hui le coût de la vie est devenu beaucoup plus cher, surtout en Brabant wallon", confirme Laurence Dewilde, responsable du service des accueillantes au CPAS de Braine-l'Alleud. Certaines ont aussi abandonné l'activité après un divorce.

Inverser la tendance

Avec ce nouveau statut, des femmes seules pourront ainsi devenir accueillantes d'enfants. Les responsables de l'accueil de la petite enfance espèrent ainsi inverser la tendance et répondre, du moins en partie, à une demande toujours plus grande de places d'accueil dans la province. Seules conditions pour présenter sa candidature: être diplômée en puériculture, ou faire preuve d'une expérience de 5 ans minimum dans cette activité, et disposer d'une infrastructure adaptée à l'accueil des enfants en bas-âge.

 

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