Monde

New York: veillée de prière pour l'un des policiers assassinés

Des policiers de New York assistent à la veillée de leur collègue, le policier Rafael Ramos, assassiné la semaine précédente, le 26 décembre 2014 à New York

Le vice-président Joe Biden, le maire de New York Bill de Blasio, le chef de la police Bill Bratton et des milliers de policiers venant de tous les Etats-Unis sont attendus aux obsèques de Rafael Ramos samedi matin, dans l'église protestante du Christ Tabernacle dans le Queens.

Des écrans géants ont été installés à l'extérieur de l'église, pour tous ceux qui ne pourront pas entrer.

Rafael Ramos, 40 ans, avait été tué par balles le 20 décembre, avec son collègue Wenjian Liu, dans leur voiture de fonction garée devant une cité HLM de Brooklyn. Ils n'avaient pas même eu le temps de voir leur agresseur, un déséquilibré noir de 28 ans, Ismaaiyl Brinsley, qui s'est ensuite suicidé sur un quai de métro.

Celui-ci avait auparavant expliqué sur Instagram vouloir venger la mort de deux Noirs tués cet été par des policiers qui ont échappé à toute poursuite.

Le double meurtre, juste avant Noël, a choqué New York et ses 35.000 policiers.

Vendredi, une foule grave, dont la file s'allongeait sur plusieurs pâtés de maison, a longuement patienté pour s'incliner devant le cercueil de Rafael Ramos.

De très nombreux policiers en uniforme avaient fait le détour.

Le cercueil, recouvert du drapeau vert, blanc et bleu de la police de New York, avait été transporté dans l'église en début d'après-midi, porté par six policiers en uniforme. Des dizaines d'autres lui avaient alors fait une haie d'honneur.

Marié et père de deux fils, Rafael Ramos était entré dans la police en 2012, et s'apprêtait à devenir aumônier. "C'était un homme profondément croyant", a déclaré vendredi un des pasteurs de l'église, Ralph Castillo. "Il va beaucoup nous manquer".

Le double meurtre a aggravé les tensions entre le maire démocrate de New York et sa police.

Certains policiers l'ont accusé d'avoir du sang sur les mains, estimant qu'il ne les avait pas assez soutenus et s'était montré trop bienveillant envers les manifestants qui à New York dénoncent depuis des semaines les morts de Mike Brown à Ferguson (Missouri) et Eric Garner à New York cet été. Les deux policiers impliqués dans la mort de ces deux Noirs non armés n'ont pas été poursuivis, ce qui a provoqué des manifestations dans plusieurs villes américaines.

M. de Blasio avait demandé une trêve des deux côtés jusqu'aux obsèques, mais un petit avion a survolé vendredi l'Hudson à New York, portant une bannière affirmant "De Blasio, nous t'avons tourné le dos".

Cette manifestation d'hostilité était le fait d'"un groupe de policiers, actifs ou en retraite" dénonçant la "rhétorique incendiaire" de M. de Blasio, selon un ancien policier identifié comme John Cardillo sur Twitter.

Environ 670 policiers seront acheminés de tous les Etats-Unis aux obsèques de Rafael Ramos par la compagnie aérienne Jet Blue, qui avait offert ses services à ceux souhaitant y assister.


AFP

Sur le même sujet

Obsèques à New York: le chef de la police dénonce l'attitude de policiers

Monde

Des milliers de policiers aux obsèques d'un des leurs à New York

Monde