Belgique

Namur : les Alcooliques Anonymes wallons et bruxellois se retrouvent à leur Q.G. après de pénibles mois de confinement

Deux sites namurois ont accueilli les A.A. (Alcooliques Anonymes) ce dimanche. Une journée de retrouvailles pour célébrer le retour des réunions en présentiel et la poursuite des rencontres virtuelles initiées pendant un confinement souvent douloureux.
26 sept. 2021 à 17:30Temps de lecture3 min
Par Jean-Claude Hennuy

Plus de 200 membres wallons et bruxellois des A.A. (Alcooliques Anonymes) se sont réunis sur deux sites à Namur, ce dimanche. Namur abrite en effet le quartier général de l’association.
Cette journée se voulait plutôt festive et informative. Une journée marquant les retrouvailles en présentiel, après des mois de confinement souvent très pénibles. "Une bonne partie des réunions ont repris en Belgique francophone. Mais aujourd’hui, nous voulions marquer le coup dans notre principal centre namurois de Naninne", explique Jean-Claude, membre actif de l’association. Une manière de tourner une page douloureuse aussi. Celle des périodes de confinement pendant lesquelles le nombre d'appels à l’aide a augmenté d’environ 50%. Un taux estimé, les A.A. ne voulant pas établir de statistiques. 

"Pendant ces longs mois, malheureusement, de nombreuses personnes, très isolées, ont rechuté", souligne l’homme qui a lui-même connu les souffrances de l’alcoolisme. D’autres personnes ont tenu le coup, grâce aux contacts téléphoniques et aux réunions virtuelles.

Des jeunes noyés dans l’alcool

Faute de rencontres en présentiel, les périodes de confinement ont souvent été mal voire très mal vécues, surtout chez les jeunes alcooliques. "J’avais déjà des problèmes d’alcool avant le confinement, mais cela s’est amplifié pendant le confinement", explique Eloïse, une étudiante de 24 ans. "Je buvais toujours plus ! Et plus tôt dans la semaine aussi ! C’était surtout le week-end, avant le confinement. Mais là, on commençait à boire dès le mercredi".

Après la session de juin, l’état de santé d’Eloïse se détériore. "En juillet et en août, j’ai été hospitalisée. Mes difficultés psychologiques se sont gravement accentuées. Je souffrais de solitude, de l’absence de liens sociaux. Tardivement, mais heureusement, j’ai découvert la possibilité de dialoguer avec les A.A. de manière virtuelle (via les applications internet) et cela m’a fait beaucoup de bien, même si rien ne vaut le présentiel".

Des seniors aussi, comme Dani, ont pu éviter la rechute grâce aux contacts téléphoniques et surtout grâce aux réunions virtuelles, par ordinateur interposé. "Cela a été salvateur pour de nombreuses personnes, y compris pour moi-même", avoue-t-elle.

"Le confinement a été une période difficile", explique Laurent, membre des AA. "D’autant plus que je suis informaticien et que je recevais sur mon écran de nombreuses invitations à participer à des apéros en ligne. C’était une véritable tentation. Puis, beaucoup de personnes alcooliques ou abstinentes ont été fragilisées en raison de la solitude ou à cause de tensions familiales. Moi, je ne peux pas rester seul, sinon je rebois. J’ai heureusement participé aux réunions virtuelles. C'était nouveau pour les A.A. belges, alors qu'aux Etats-Unis ou au Canada, cela se pratiquait déjà. J’ai par ailleurs aidé des personnes à utiliser les applications permettant de se réunir en ligne. Car la fracture numérique existe. De plus, j’ai noué des liens avec d’autres personnes confrontées à l’alcoolisme à l’étranger, notamment au Québec".

Le virtuel complément du présentiel

"A cause du confinement, nous avons perdu le contact avec certains membres des A.A. Rien de tel que le présentiel, mais nous continuerons à organiser des réunions en ligne pour aider davantage de personnes", souligne Colette. "Le numérique sera un complément, notamment pour les personnes à mobilité réduite ou les amis et membres des A.A. qui habitent loin des lieux de réunion. Nous avons aussi une page FB, car les réseaux sociaux aussi peuvent constituer un lien utile".

En Belgique francophone, l’association compte environ 220 groupes de parole et d’entraide. Un peu plus de 180 d’entre eux ont déjà repris leurs réunions en présentiel. Des moyens divers de se parler, souvent précieux, parfois vitaux !

L’adresse de l’association : alcooliquesanonymes.be
 

Consommation d'alcool en Belgique: CQFD du 12/08/2021

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