C'est vous qui le dites

Mort d’un SDF : faut-il laisser le choix de dormir dehors par un temps glacial ?

13 janv. 2022 à 10:50Temps de lecture2 min
Par C'est vous qui le dites

À Namur, un SDF qui refusait d’aller dans un abri de nuit est décédé. Hier, dans le JT de 19h30, vous avez découvert l’histoire de Vincent qui vivait dans la rue depuis 8 ans. Il refusait de retourner dans un abri de nuit après des mauvaises expériences, on lui avait déjà volé son portefeuille et son téléphone. Les services sociaux lui faisaient régulièrement la proposition d’y passer la nuit au chaud, mais faisaient face à chaque fois au même refus, sans pouvoir l’y contraindre. Vincent s’est éteint dans la rue la nuit de lundi à mardi.

Faut-il laisser le choix de dormir dehors par un temps glacial ? C’est la question que l’on vous posait ce matin dans "C’est vous qui le dites".

Voici quelques moments forts de l’émission…

© Tous droits réservés

"Ils décident en toute conscience"

Hélène, une auditrice de Bastogne, est intervenue à ce sujet sur notre antenne : "Ce n’est pas qu’il faut leur laisser le choix ou non. Ils prennent le choix, ils décident en toute conscience. Mon frère était SDF, il a vécu 20 ans dans les rues de Liège. Lors de la dernière année de sa vie, j’ai été en contact avec lui et j’ai voulu l’aider. Les médecins de la clinique d’Herstal ont essayé de le garder au chaud, de le soigner. Mais il s’enfuyait, il ne supportait pas les contraintes. J’ai accompagné mon frère jusqu’au dernier souffle et je pense que c’est leur choix, il faut le respecter. C’est leur vie."

© Tous droits réservés

"On a fait ce qu’on a pu et on n’est pas resté indifférent"

Depuis Arlon, Géraldine nous partage son avis : "Les abris de nuit sont souvent gérés par des bénévoles qui n’ont pas des formations adaptées. Je suis éducatrice en psychiatrie, je connais un peu les difficultés qu’on peut rencontrer au niveau du psychique. Vivre dans la rue, ça fait perdre la tête. J’ai un ami SDF qui est mort il y a deux mois à Arlon."

Il ne voulait pas entrer dans un centre et c’était son choix, je n’ai pas appelé d’aide

"Il en avait marre de tout, de la rue, du système. Je rencontre beaucoup de personnes de la rue et ils me racontent que c’est la catastrophe à l’abri de nuit d’Arlon. Il faut respecter leur choix, on a fait ce qu’on a pu et on n’est pas resté indifférent. C’est comme cela que ça doit fonctionner. "

© Tous droits réservés

"On devrait avoir le droit de mourir comme on veut"

Le débat se termine avec Véronique en province de Luxembourg : "Aussi dur que ce soit, c’est le droit de la personne à vivre comme elle l’entend. Cette personne a refusé d’aller dans un centre car il s’était fait agresser et qu’il avait un sentiment d’insécurité. Il a peut-être subi un traumatisme et ne voulait plus revivre cela. Les personnes qui vivent dans la rue sont très sensibles. Mais on devrait avoir le droit de mourir comme on veut."

Nous vous invitons à poursuivre le débat sur notre page Facebook "C’est vous qui le dites" et à revoir l’émission sur Auvio. Nous vous donnons rendez-vous du lundi au vendredi de 9h à 10h30 sur VivaCité et La Une pour trois nouveaux débats.

Sur le même sujet

Orig-Ami met à disposition des tentes en carton pour les SDF

Bruxelles Matin

Le maillot intégral à la piscine, ça vous dérange ?

C'est vous qui le dites

Articles recommandés pour vous