Moins de monde que prévu à la marche contre la peur à Bruxelles: entre 7000 et 10 000 personnes

Marche contre la peur à Bruxelles: 7000 personnes selon la police
17 avr. 2016 à 11:25 - mise à jour 17 avr. 2016 à 16:14Temps de lecture5 min
Par RTBF

La marche citoyenne contre la terreur "Tous Ensemble - Samen één" a rassemblé moins de participants que prévu, avec 7000 marcheurs selon la police de Bruxelles, bien moins que les 15 000 personnes prévues.

Selon un organisateur Luk Vandenhoeck, coordinateur pour Hart Boven Hard, plus de 10 000 personnes ont participé à cette marche.

Marche contre la peur à Bruxelles

Un premier cortège a quitté la gare du Nord vers 14h, le second s'est formé un peu plus tard sur le parvis Saint Jean-Baptiste à Molenbeek où la foule était plus clairsemée.

Aucun groupe perturbateur n'a été signalé. La marche est restée calme et silencieuse, mis à part quelque cris "Daech, casse toi".

En tête du cortège, une banderole proclamait #tousensemble contre la haine et la terreur, en français et néerlandais. Puis suivait un camion de pompiers, girophares allumés, pour symboliser le rôle important des secouristes.

Les premiers rangs du cortège étaient réservés aux familles des victimes, suivies par les représentants des différentes communautés religieuses. Une douzaine de membres d'une association de dialogue interreligieux portaient une grande banderole sur laquelle était écrit "Together in peace" avec des dessins de colombes.

Des hommes et femmes politiques ont défilé

Parmi les participants, aux côtés des anonymes, des victimes des attentats de Bruxelles et des représentants des différents cultes, en particulier musulmans avec le slogan "L'amour est ma religion et ma foi".

Michel Mbiya, un homme d'origine congolaise qui était à Zaventem le 22 mars peu avant les explosions, a expliqué qu'il se rendait à la manifestation pour "exprimer un message de résistance" car "il ne faut pas céder face à ces démons, il faut rester debout". "Au Congo, quand tu échappes à la mort tu manges un poulet blanc, et on m'a surnommé poulet blanc", a-t-il déclaré à la RTBF.

Siegfried Bracke, le président N-VA de la Chambre avait annoncé sa venue sur Twitter. Il explique qu'il serait présent avec Jan Peumans, sénateur et vice-président de la N-VA, et d'"autres collègues parlementaires", au moment où certains dénoncent une récupération politique de la marche, organisée par ailleurs par le mouvement altermondialiste "Tout autre chose" et au moment où Jan Jambon, ministre N-VA de l'Intérieur, refait la polémique pour avoir affirmé que la politique d'intégration des étrangers en Belgique avait échoué, y voyant pour preuve le fait qu'"une partie significative de la communauté musulmane a dansé à l'occasion des attentats".

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D'autres politiques étaient présents dans la foule : Kris Peeters, Marianne Thyssen, Koen Geens et Steven Van Ackere du CD&V, Elio Di Rupo, Karine Lalieux et Fadila Laanan (PS), Marie Nagy (Ecolo). Le PTB était aussi représenté.

"Quand des concitoyens, civils, sans aucune défense, sont abattus lâchement, c'est tous les citoyens qui doivent se lever pour exprimer leur dégoût et leur solidarité", a déclaré à l'AFP Hassan Bousetta, un élu socialiste de Liège à la tête d'une des associations organisatrices. "C'est d'abord un recueillement, un message de compassion envers les victimes et un moment de communion citoyenne", a-t-il ajouté.

"Arrêter de stigmatiser les communautés"

Alexis Deswaef, président de la Ligue des droits de l'homme, était aussi parmi les marcheurs. Il a réagi à la sortie de Jan Jambon sur les musulmans qui auraient "dansé" après les attentats, la jugeant déplorable. "Aujourd'hui, certains veulent diviser la société, ou profiter d'événements dramatiques pour faire passer un agenda, qui n'est pas conforme avec le monde que nous voulons laisser à nos enfants", a soutenu Alexis Deswaef.

"Il faut arrêter de stigmatiser des communautés, les juifs, les réfugiés et en premier lieu la communauté musulmane. Il est scandaleux d'entendre notre ministre de l'Intérieur dire ces derniers jours qu'une part significative de la communauté musulmane a dansé à l'annonce des attentats à Bruxelles. On ne lâche pas bombes comme ça, c'est du populisme pour surfer sur la peur des gens et pour diviser", a-t-il ajouté. "Les mesures prises et annoncées par le gouvernement dans la lutte contre le terrorisme posent question notamment sur l'atteinte à la séparation des pouvoirs et sur l'installation d'une surveillance de masse. Les terroristes étaient connus des services de police. Donc, ce n'est pas un manque de données, mais un problème dans leur utilisation et leur croisement. Une lutte efficace contre le terrorisme est nécessaire pour vivre en sécurité, mais elle doit passer par une surveillance ciblée. On ne veut pas abandonner les libertés fondamentales pour une illusion de sécurité".

Interview d'Alexis Deswaef

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Le président de la Chambre annonce qu'il participera à la marche contre la terreur

Cette marche était organisée en réaction aux attentats qui ont frappé Bruxelles le 22 mars dernier, faisant 32 morts et des centaines de blessés. Le cortège est passé par la Bourse avant de s'achever sur la place Fontainas.

Les manifestants portaient des fleurs, mais aussi des calicots "Daech, casse-toi. La Belgique n'est pas à toi."

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Moins de monde que prévu à la marche contre la peur à Bruxelles: 7000 personnes selon la police

Des discours ont été tenus place Fontainas par des représentants du personnel de l'aéroport, des agents de la Stib, des proches des victimes des attentats, mais aussi des différents cultes religieux.

"Les travailleurs et les voyageurs de la Stib, victimes de la même folie meurtrière, sont unis dans la douleur mais déjà debout contre la haine et la terreur", a exprimé un représentant du personnel de la Stib. Salah Echallaoui, président de l'Exécutif musulman a tenu à adresser un message à la jeunesse.

"En réponse à la violence impitoyable qui touche des innocents, il faut resserrer les rangs, au-delà de nos différences, trouver les moyens de préserver l'humanité de notre société et préparer un nouvel avenir. La stratégie de la terreur veut polariser les communautés les unes contre les autres. Cette stratégie de la violence et du nihilisme est aussi une lutte pour conquérir les "hearts and minds" de notre jeunesse. Nous nous devons de réagir. Alors que certains inculquent la haine de l'autre et incitent à la violence, nous devons enseigner avec fermeté le respect des autres et l'amour de la paix aux nouvelles générations."

Un appel a été lancé à manifester dimanche prochain contre l'achat de 34 nouveaux avions de combat par le gouvernement belge pour 15 milliards de dollars.

Les victimes reçues chez Charles Michel

A l'issue de la marche, le Premier ministre Charles Michel et les vice-premiers ministres devait recevoir des victimes, des proches des victimes et des organisateurs de la marche au Lambermont.

Ils sont ressortis satisfaits de leur rencontre. M. Michel a confirmé cet "échange très positif" auprès de l'agence Belga, annonçant au passage de prochaines mesures en faveur des victimes. "Le dialogue était productif, ouvert et constructif", a résumé l'une des personnes reçues, Thibault Vanderhauwart, de l'association article 193. Il souligne la nécessité, au-delà de la réponse sécuritaire aux attentats du 22 mars, de développer le vivre-ensemble en dépassant les clivages idéologiques.

"Il fallait marquer le coup par rapport à cette tragédie, la rencontre a été constructive", a confirmé une des co-organisatrices de la marche, Fatima Zibouh.

Le Premier ministre a répété à ses interlocuteurs la volonté de son gouvernement de faire -avec le parlement - toute la transparence sur les attentats de Bruxelles, et leur a réaffirmé sa détermination à agir pour la sécurité, "même si le risque zéro n'existe pas". Il a rappelé au passage les mesures de sécurité qui ont été prises, dès avant les attentats.

Charles Michel a également annoncé que le gouvernement s'attelait à améliorer la situation des victimes des attentats. Il espère, dès le conseil des ministres de la semaine prochaine, pouvoir prendre des mesures facilitant l'indemnisation et la prise en charge des hospitalisations sans attendre les délais - parfois longs - d'intervention des assurances.

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