Mission Alpha vers l'ISS: J-1 pour rejoindre un "laboratoire en apesanteur"

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21 avr. 2021 à 19:47 - mise à jour 22 avr. 2021 à 06:29Temps de lecture3 min
Par Catherine Tonero

Départ imminent pour Thomas Pesquet et la mission Alpha! L'astronaute français deviendra ce vendredi le premier Européen à embarquer à bord d’un vaisseau de Space X vers la Station Spatiale Internationale. Cette mission donnera lieu à une centaine d'expériences scientifiques. Avec quels objectifs? Pour y répondre sur le plateau de CQFD: Pierre-Emmanuel Paulis, instructeur à l'Euro Space Center et président de la Mars Society Belgium et Hervé Caps, professeur de physique à l'ULiège.

Plus un camping qu'un l'hôtel de luxe

Le départ de Thomas Pesquet et les trois autres astronautes vers la Station Spatiale Internationale ("ISS") a été reporté à vendredi, 11h49 heure belge, en raison de la météo. Dans quelles conditions s'effectuera cette nouvelle mission? "Ce sont des conditions de vie très rudimentaires, qui tiennent plus du camping que de l'hôtel de luxe", répond Pierre-Emmanuel Paulis qui relève aussi "tous les mois de préparation précédant, faisant que les astronautes sont très loin de leur famille, qu'ils ne voient plus personne, et n'ont plus de contacts avec leurs proches. Et puis... Ils partent pour six mois".

L'instructeur à l'Euro Space Center rappelle aussi que l'ISS comptera 11 astronautes avec ce nouvel équipage: "dans un espace réduit, ils vont vraiment être l'un sur l'autre. Les astronautes travaillent énormément. La journée commence par un briefing par le commandant de bord et un rapport avec les différents centres de contrôle. Et puis chaque astronaute vaque à ses occupations dans son module. Thomas va travailler dans le module européen Columbus, les Russes chez les Russes, etc." Il faut ajouter les modules des agences spatiales américaine, canadienne et japonnaise. "Parfois ils ne se voient pas de la journée", précise Pierre-Emmanuel Paulis.

Thomas Pesquet, astronaute et plombier 

Plusieurs expérimentations dans l'espace sont au programme de cette mission Alpha qui vise aussi à entretenir la station elle-même, vieillissante. "Il y a aussi des sorties extravéhiculaires improvisées, car il y a parfois des pannes qui surviennent à l'extérieur", ajoute le président de la Mars Society Belgium. 

"Lors de sa première mission Proxima, Thomas Pesquet a dû réparer les toilettes qui ne fonctionnaient pas. Il faut alors se transformer en plombier, en plus du travail quotidien et scientifique [...] Les astronautes doivent aussi pouvoir donner les premiers soins, intervenir en cas d'incendies et de problèmes".

L'apesanteur, un laboratoire privilégié

Observer comment les astronautes dorment dans l'espace, faire pousser une plante, ou encore étudier les "blobs", quel intérêt présentent les expériences scientifiques menées en apesanteur? Si sur terre, c'est la gravité joue, dans l'espace, "le laboratoire permet - comme des laboratoires étudiant des particules élémentaires, de faire des expériences en s'extrayant de cette action gravifique", explique Hervé Caps:

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Futurs astronautes: "La Belgique a ses chances"

L'Agence spatiale européenne vient de lancer sa nouvelle campagne de recrutement. Pierre-Emmanuel Paulis affirme que la Belgique a ses chances, "le vol de Thomas Pesquet étant très médiatisé, c'est un homme qui a su très bien utiliser les réseaux sociaux, et l'ESA travaille dans le même sens pour promouvoir les sciences via le spatial. Mais il faut d'abord avoir fait des études et travaillé avant de pouvoir poser sa candidature".

Comment comprendre les budgets alloués à la conquête spatiale alors que bien des combats sur terre ne disposent pas de financements? "En tant que scientifique, pour comprendre le monde autour de nous, il faut aussi comprendre l'impact qu'a la terre sur notre quotidien et ce laboratoire de l'ISS situé à 400km au-dessus de la terre nous permet de répondre à des questions fondamentales qui ont des implications directes sur notre quotidien, et qui pourraient permettre de faire des recommandations pour une vie peut-être un peu plus durable pour l'humanité et toutes les espèces vivantes", répond Hervé Caps.

"A l'envers, et si l'espace pouvait solutionner tous les problèmes qu'on a sur terre? Et puis tirer la science vers le haut, ça passe par le spatial", conclut Pierre-Emmanuel Paulis.

Ce Qui Fait Débat, chaque jour à 18h20 sur La Première et à 20h35 sur La Trois. L’entièreté de l'émission à revoir ci-dessous :

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