Basket NBA

Michael Jordan, le vendeur de rêve éternel

Michael Jordan entouré par de jeunes basketteurs
15 juin 2015 à 15:15 - mise à jour 15 juin 2015 à 15:29Temps de lecture2 min
Par D. Bertrand

Quelques coups de fil et un caméraman booké plus tard, notre tournage à Paris prenait forme. Je m’en serais voulu de passer à côté d’une opportunité pareille. En tant que journaliste, cela fait plusieurs années que j’essaye de décrocher une interview avec l’une des personnalités les plus influentes et charismatiques du sport mondial de ces 25 dernières années. J’ai tenté toutes les filières possibles pour tenter de l’approcher : ses sponsors, sa fondation, la franchise NBA dont il est désormais propriétaire. En vain.

Lorsque nous débarquons à Paris en matinée, nous disposons d'une information largement répandue confirmant la présence de "His airness" sur le site du "Quai 54", l'un des plus grands tournois de streetball au monde et qui a pris ses quartiers sur la place de la Concorde pour trois jours de compétition. Mais nous avons également appris via un organisateur de tournoi de basket belge que Michael Jordan viendra en principe inaugurer un playground (un terrain de basket extérieur) construit à son effigie au cœur d'un quartier populaire du 20ème arrondissement. La chasse à l'homme peut commencer.

Le playground "Michael Jordan"

Selon nos sources, il doit y rejoindre Anne Hidalgo, maire de Paris, qui a bien compris que cette inauguration ne sera relayée dans les médias que si la légende du basket y participe. Opération comm' réussie. Dès 17 heures, la rue des Haies prend des airs de Croisette un jour d'ouverture de festival. Les hommes en noir et les oreillettes se multiplient subitement. La tension monte d'un cran. Sur le coup de 18 heures, la clameur enfle d'un coup. Une grande carcasse toute de noir vêtue se déplie lentement pour s'extirper d'un véhicule aux vitres teintées. Bob sur la tête, simple tee-shirt noir et sourire éclatant, Michael Jordan salue une foule trans-générationnelle en transe.

Dix minutes montre en main pour recevoir la médaille de la ville de Paris, inaugurer officiellement le terrain et prononcer quelques mots à destination des enfants du quartier, en souhaitant que l'un de ceux qui utiliseront ces installations puisse un jour rejoindre la NBA. Court, simple, classe et efficace. S'en suivit une exfiltration obamesque qui faillit tourner à l'affrontement cameraman/photographe >< attaché de presse/vigile. En dehors de l'enceinte, des fans transcendés par la rareté du moment.

Michael Jordan

"Je suis comme un gosse", nous glisse Grégory qui a fait 500 kilomètres depuis Toulouse pour tenter d'apercevoir celui qui l'a fait vibrer pendant toute son enfance. "Depuis mes 12 ans, j'ai vibré devant tous ses matches, c'est énorme de pouvoir le voir. Il a été très classe. J'ai perdu 10 ans d'un coup, je suis redevenu un gosse le temps d'un instant. Pour moi, c'est le plus grand sportif de l'histoire de l'humanité, une personnalité généreuse et charismatique. Il est indétrônable. Jordan, on en parlera encore dans 50 ans."

C'est qu'une sortie publique de "The GOAT" ("The Greatest of all Time", le plus grand de tous les temps, NDLR), c'est rare, extrêmement rare. Jordan, c'est une personnalité qui dépasse le monde du basket. Son influence est planétaire, son empreinte indélébile. Jordan a marqué l'histoire du sport par son engagement, son jusqu'au-boutisme, sa combativité. Il a révolutionné et popularisé le basket moderne. A son contact, ses partenaires se bonifiaient. A l'échelle de la planète sport, les personnalités de son envergure se comptent sur les doigts d'une main. Qui pourrait électriser les foules comme il l'a fait ce week-end à Paris : Pelé ? Ali ? Zidane ? Messi ?

 

D. Bertrand

Articles recommandés pour vous