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Mehdi Nemmouche pourrait-il être extradé vers la France?

Mehdi Nemmouche.
06 sept. 2014 à 09:02 - mise à jour 07 sept. 2014 à 09:07Temps de lecture2 min
Par her

C'est le témoignage d'un ex-otage, libéré le 20 avril dernier, qui permet d'affirmer que Mehdi Nemmouche a bien été l'un des geôliers de l'État islamique. Nicolas Hénin en est certain : son bourreau est Mehdi Nemmouche, suspect dans l'attentat au musée juif de Bruxelles le 24 mai dernier qui avait fait 4 morts, et détenu en Belgique.

Ces révélations ne sont pas reprises dans le dossier belge. Les affaires sont bien distinctes. En ce moment l'instruction en Belgique se limite à l'attaque de la rue des Minimes. Elles ne viennent pas alourdir pour l'instant les éléments à charge.

A présent qu'une enquête court contre Mehdi Nemmouche en France, que peut faire la justice française ?

Deux possibilités existent pour l'auditionner, explique le Parquet : envoyer une commission rogatoire en Belgique ou demander son extradition vers la France. Cette dernière serait provisoire, le temps de mener l'enquête en France, avant un retour en Belgique où l'enquête est toujours en cours, avant un éventuel procès. Si condamnation il y a, ce serait à l'issue de sa peine en Belgique que Mehdi Nemmouche serait extradé en France pour être jugé.

Le rôle de Mehdi Nemmouche en Syrie

Des témoignages accusent l'homme, comme celui du journaliste français Nicolas Hénin au magazine hebdomadaire Le Point : "C'est avant tout un combattant. Il n'était pas affecté à la prison. A aucun moment, il n'est resté avec nous. Garder les otages n'était pas sa mission. Mais il interagissait régulièrement avec nous, la plupart du temps masqué, mais aussi à visage découvert".

Outre ses déclarations anti-sémites, une anecdote marquante concerne un passage à tabac du journaliste par Mehdi Nemmouche. "Il regarde ses mains, fait craquer ses doigts dans une attitude de boxeur et ajuste ses gants. 'T'as vu ces gants de moto ? Je les ai achetés pour te casser la figure. Rien que pour toi. Ils t'ont plu ? Cela montre son aspect violent et provocateur'", raconte-t-il.

"Quand Nemmouche ne chantait pas, il torturait"

Pendant quelques mois en Syrie, entre juillet et décembre 2013, Mehdi Nemmouche s'est "occupé" de lui et des autres otages occidentaux.

Nicolas Hénin l'a reconnu sur des documents audiovisuels qui lui ont été présentés suite à son arrestation. Il l'a reconnu formellement comme "Abou Omar".

Nicolas Henin, ex-otage raconte.

Selon Nicolas Hénin, c'était un jeune homme paumé et pervers. Le soir venu, il venait narguer les otages, chantait et leur racontait des épisodes de "Faites entrer l'accusé", émission de faits divers présentée par Christophe Hondelatte, dont il rêve de devenir l'un des personnages.

"Quand Nemmouche ne chantait pas, il torturait, raconte l'ex-otage français. Il était membre d'un petit groupe de Français dont la venue terrorisait la cinquantaine de prisonniers syriens détenus dans les cellules voisines. Chaque soir, les coups commençaient à pleuvoir dans la salle dans laquelle j'avais moi-même été interrogé. La torture durait toute la nuit, jusqu'à la prière de l'aube. Aux hurlements des prisonniers répondaient parfois des glapissements en français."

Il aurait donc été l'un des geôliers de Didier François, Edouard Elias, Pierre Torres et Nicolas Hénin, les quatre journalistes français enlevés en juin 2013. Ces quatre ex-otages sont régulièrement consultés par la DGSI et la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) en France.

Arrêté en France après le quadruple assassinat commis au Musée juif de Bruxelles le 24 mai, Mehdi Nemmouche a été extradé en Belgique le 29 juillet dernier. Il avait auparavant séjourné en Syrie et avait rejoint les rangs de l'État islamique.

JFH 

Quelles suites pour Mehdi Nemmouche ?

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