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MédiaTIC : les services secrets américains veulent détecter le sarcasme sur les réseaux sociaux

Illustration d'un agent des services secrets américains
02 sept. 2013 à 08:26Temps de lecture2 min
Par Sandrine Pauwels

Un an après les révélations chocs d’Edward Snowden sur les pratiques de la NSA, il semble que les services secrets américains n’ont que faire du déferlement de critiques qui s’en est suivi. Rappelez-vous, le jeune informaticien avait dénoncé le contrôle massif des données internet par l’Agence américaine de Sécurité. Malgré l’indignation générale, les services secrets cherchent encore et toujours à perfectionner leurs techniques d’espionnage : la semaine dernière, ils ont lancé un appel d’offres en vue d’obtenir un nouvel outil d’analyse des réseaux sociaux, un logiciel qui permettrait de détecter les messages sarcastiques qui ne représentent aucune menace pour la société, et de les dissocier de ceux qui cacheraient de réelles intentions terroristes. Interrogé par le Washington Post, un porte-parole du service de renseignement souligne que l’objectif n’est pas uniquement de déceler les messages ironiques publiés sur des sites tels que Twitter. Le programme devra automatiser le processus de surveillance des médias sociaux afin d’être en mesure par exemple d’identifier des personnes influentes ou encore d’analyser des données en temps réel.

Pourquoi vouloir absolument repérer les messages ironiques ?

Les expériences récentes des services secrets avec les réseaux sociaux n’ont pas toujours été des plus glorieuses. Aux Pays-Bas, une femme a été arrêtée en avril dernier après avoir publié, pour blaguer, une menace d’attentat contre American Airlines. En 2012, un Irlandais avait été interpellé sur le sol américain pour avoir tweeté son projet de détruire l’Amérique. Il s’est finalement avéré qu’il s’agissait d’un jeu de mot. Le jeune homme insinuait en quelque sorte qu’il comptait tout simplement s’éclater. Les exemples de personnes s’étant retrouvées face à des policiers à cause de leur humour douteux ne manquent pas. Et c’est donc pour éviter des opérations inutiles que les services secrets veulent se pourvoir d’un tel logiciel.

Reste à savoir si, malgré les nouvelles technologies, ils parviendront à leur fin

Car c’est pas donné. Détecter le sarcasme ou toute subtilité linguistique grâce à des algorithmes est loin d’être évident. Si certains programmes existent déjà, tels que celui développé par l’entreprise française Spotter, il semble que les résultats ne sont pas tout à fait au point. Et puis, il faudra aussi affronter un autre obstacle, qui n’est cette fois pas d’ordre technologique : le contrôle systématique des publications de personnes privées peut aller à l’encontre du premier amendement de la Constitution des Etats-Unis, en l’occurrence celui qui garantit la liberté d’expression. Les internautes pourraient à terme ne plus se sentir libres de s’exprimer comme ils l’entendent. Face à cette perspective, les autorités américaines devront sans doute continuer à régulièrement se justifier face aux défenseurs des droits des citoyens.

 

Joyce Azar

@AzarJy #mediaTIC

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