Regions

Malgré le gel, la navigation continue sur le canal

Les autorités portuaires ont décidé de faire appel à un brise-glaces pour assurer la navigabilité de la voie d'eau
Moins neuf degrés au petit matin à Bruxelles, le "Cheeta" pousse sa barge dans les eaux noires où l’on entend vaguement le cliquetis des glaçons. Le directeur du port, Philippe Mathis, est à bord et raconte : ''Nous avons loué les services d’un pousseur pour pousser un ponton qui brise la glace sur les quatorze kilomètres du canal à Bruxelles. On a un grand stock de produits pétroliers à l’avant-port. L’objectif que nous poursuivons est donc de permettre le ravitaillement continu de ce stock pétrolier, qui est évidemment bien utile par les temps froids que nous connaissons actuellement.''

Un autre "système D" a été mis au point par les ingénieurs du port. Il s’agit du "jacuzzi" qui empêche la glace de bloquer les écluses. ''Le jacuzzi, ce sont des compresseurs qui injectent de l’air au droit des écluses d’Andelercht et de Molenbeek. Le fait d’injecter de l’air évite la stagnation de l’eau et permet à cette même eau de ne pas se glacer. Cela permet également à nos hommes de ne pas devoir aller eux-mêmes enlever la glace. Cela a aussi le double avantage d’être sûr et efficace.''

Par ces systèmes ingénieux, il n’y a aucun blocage des deux écluses et le port assure sa part du travail sur le canal Bruxelles-Anvers-Charleroi. Philippe Mathis a relevé les endroits où l’eau gèle plus facilement : ''Nous avons constaté que ça gèle le plus dans le bassin Biestebroeck à Anderlecht ainsi que dans le bassin Vergote au centre-ville et un petit peu à l’avant-port. Mais grâce à l’incinérateur, il y a à l’avant-port des endroits qui ne gèlent pas facilement. Le principe est simple : l’incinérateur emploie l’eau du canal et la rejette ensuite. Elle est donc plus chaude que la normale, ce qui empêche le gel à cet endroit.''

Le brise-glaces poursuivra ses aller-retour aussi longtemps que le froid intense le réclamera parce que le port de Bruxelles ne peut pas se permettre de laisser la glace paralyser le trafic des bateaux, notamment pétroliers.

Sachez encore que c’est la deuxième fois que ce système est mis en place en moins de 10 ans.


Betty Cleeren – Delphine Hotua


Articles recommandés pour vous