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Luxembourg: Juncker, en perte de vitesse, revendique la formation

Jean-Claude Juncker ne veut pas d'une coalition de plus de deux partis
20 oct. 2013 à 18:33 - mise à jour 21 oct. 2013 à 04:48Temps de lecture2 min
Par Belga News

"Nous revendiquons la priorité pour former le prochain gouvernement", a affirmé Jean-Claude Juncker dans une brève déclaration au siège de son parti CSV à l'issue d'une longue réunion des instances dirigeantes.

Il a jugé "impressionnant" l'écart entre le CSV et les autres forces politiques. "Nous sommes le parti le plus important", a-t-il ajouté.

Selon l'estimation réalisée par l'institut TNS pour la télévision RTL, le CSV est arrivé largement en tête des législatives, avec 33,4% des voix, mais en perdant 4,6 points et trois sièges par rapport à 2009.

Le parti socialiste, son partenaire dans la coalition sortante arrive loin derrière avec 19,3% des suffrages (-2,3 points), au coude à coude avec le parti libéral (DP, opposition), à 19,2%, mais en nette hausse de 4,2 points.

Dans une sorte d'appel du pied aux libéraux, Jean-Claude Juncker a tenu à "féliciter le DP pour son score". "Nous discuterons avec les collègues des autres partis de façon amicale", a-t-il ajouté.

Il a estimé que le CSV avait "pris beaucoup de coups" pendant la campagne. "Nous avons su nous défendre contre ces coups", a-t-il dit.

L'exclusion des Chrétiens-sociaux serait une première au Grand-Duché

Les libéraux et les écologistes n'avaient pas caché avant le scrutin leur volonté de former une coalition à trois, sans les chrétiens-sociaux, ce qui serait une première au Grand-Duché.

Il leur faudra pour cela rallier les socialistes. "S'il est possible de mettre en œuvre, à trois, de véritables réformes en vue de moderniser l'État et de lui donner un nouvel élan, alors oui, je suis en faveur d'une coalition à trois", a déclaré avant le scrutin le leader des socialistes, Etienne Schneider, ministre sortant de l'Economie et représentant lui aussi de la jeune génération.

"Aujourd'hui, je veux vraiment être Premier ministre pour donner une nouvelle dynamique au pays et le réformer de fond en comble", avait lancé avant l'élection le dirigeant socialiste, un homme de 42 ans connu pour son franc-parler.

La rupture entre socialistes et chrétiens-sociaux s'est produite au début de l'été, ce qui a obligé Jean-Claude  Juncker à convoquer les élections avec sept mois d'avance sur la fin normale de la législature.

Comme l'opposition, les socialistes dénonçaient la responsabilité politique du Premier ministre dans le scandale du service de renseignement, qui a commis de graves irrégularités, notamment en espionnant sur une grande échelle la population et une partie de la classe politique.

A bientôt 59 ans, dont la moitié passée au gouvernement, J-Cl Juncker est donc confronté à l'usure du pouvoir et à une certaine lassitude de la population en quête d'hommes nouveaux, dans un contexte économique plus difficile pour le Luxembourg, pays qui reste un des plus riches du monde mais qui a vu le taux de chômage atteindre près de 7% et l'endettement multiplié par trois en 15 ans.

Belga

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