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Logiciel Pegasus : la Commission européenne aurait trouvé des "indices" de piratage de plusieurs téléphones

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La Commission européenne a trouvé des "indices" d’infiltration des téléphones portables de membres de son personnel par le logiciel d’espionnage Pegasus, qui a notamment visé le commissaire à la Justice, le Belge Didier Reynders, indique une lettre vue par l’AFP jeudi.

Dans ce courrier daté du 25 juillet adressé à la députée européenne Sophie in’t Veld, Didier Reynders a indiqué avoir reçu en novembre 2021 une alerte d’Apple l’informant du possible piratage de son smartphone par le logiciel Pegasus, conçu par la société israélienne NSO Group. D’autres membres du personnel de la Commission ont reçu des notifications similaires.


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Ces alertes ont déclenché une enquête, qui n’a pas permis de "confirmer que Pegasus avait réussi à infecter les appareils, personnel ou professionnel, du commissaire" à la Justice, ni des autres collaborateurs.

Mais "plusieurs vérifications d’appareils ont conduit à la découverte d’indices de piratage", poursuit la lettre, ajoutant qu'"il est impossible d’attribuer ces indices à un auteur spécifique de façon certaine".

 

Journalistes, politiques…

Le courrier ne donne pas plus de détails sur les résultats de l’enquête, toujours en cours. La Commission invoque des raisons de sécurité pour ne pas communiquer.

Le porte-parole de la Commission européenne, interrogé jeudi lors d’un point de presse sur ces informations, a refusé de dire combien de téléphones étaient concernés.

NSO s’est dit prêt à "coopérer à toute enquête pour établir la vérité", a indiqué un porte-parole de l’entreprise, soulignant qu'"il n’y avait à ce jour aucune preuve absolue qu’une infraction a eu lieu".

La lettre du commissaire Didier Reynders et de son collègue Johannes Hahn (Budget et administration) répond à une demande d’informations de l’eurodéputée néerlandaise Sophie in’t Veld (Renew Europe), rapporteure de la commission d’enquête du Parlement européen sur l’utilisation de Pegasus et d’autres logiciels espions contre des journalistes, des personnalités politiques ou des acteurs de la société civile.

La Commission européenne a envoyé des lettres à la Hongrie, à la Pologne et à l’Espagne à propos de leur utilisation de Pegasus, s’inquiétant du respect des règles européennes sur la protection de la vie privée.

Selon la Commission, la Hongrie et la Pologne ont répondu que l’utilisation de ce logiciel relève de la "sécurité nationale" et non de la législation européenne, ce que conteste Bruxelles. L’Espagne n’a pas encore répondu.

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