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Liège: 11 propriétaires veulent interdire un centre d'accueil pour jeunes réfugiés

Liège: 11 propriétaires veulent interdire un centre d'accueil pour jeunes réfugiés
19 janv. 2016 à 16:45 - mise à jour 20 janv. 2016 à 13:00Temps de lecture2 min
Par Erik Dagonnier

A Liège, les propriétaires d'appartements s'opposent à l'arrivée d'un centre pour mineurs réfugiés dans leur immeuble du boulevard d'Avroy. Ils ont introduit une action en référé devant le tribunal. Les propriétaires exigent l'interdiction de transformer les bureaux du rez-de-chaussée et du premier étage, en centre d'accueil provisoire pour MENA, ces mineurs étrangers non accompagnés qui ont fui la guerre. A la base de ce projet: des investisseurs immobiliers privés qui ont répondu à l'appel de Fedasil en manque de places. Avec son l'asbl Smartsocial, le propriétaire des bureaux voudrait y aménager un centre pour héberger une quarantaine de mineurs encadrés par 11 assistants sociaux. Mais les autres propriétaires de l'immeuble s'y opposent farouchement.

Avec ces jeunes, il y aura du bruit, il y aura du va-et-vient...

Parmi les arguments avancés contre le projet, figurent des problèmes d'évacuation des eaux, d'autorisations administratives et d'adaptation des lieux. La moyenne d'âge des 11 propriétaires est de 72 ans, précise un de leurs avocats. Et ils craignent surtout de futures nuisances. Maitre Anne Balland: "je pense qu'ils réalisent que 40 adolescents, que ce soient des réfugiés ou d'autres, seront là 24 heures sur 24. C'est vrai que la journée, ils seront scolarisés mais le soir et la nuit, ils seront là et ce sont de jeunes adolescents! Il y aura du bruit, du va-et-vient..."

On n'accueillera pas ces jeunes réfugiés sans quelques inconvénients

Pour Maître Eric Lemmens, ce projet de centre d'accueil provisoire pose une question fondamentale: "est-ce que nous sommes prêts, chacun, citoyen de ce pays, à faire un effort pour accueillir ces mineurs étrangers non accompagnés? On ne les accueillera pas sans quelques inconvénients. Est-ce que ces inconvénients sont à ce point insupportables qu'il faut faire intervenir le juge des référés pour y mettre fin? Notre thèse est que non! Nous pouvons chacun faire un effort pendant quelques semaines ou quelques mois, six mois peut-être, pour accueillir ces personnes qui ont besoin de nous." Le président du tribunal de première instance rendra sa décision d'ici mardi.

Plainte contre arrivée d'un centre pour mineurs réfugiés à Liège

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