RTBFPasser au contenu
Rechercher

Belgique

Les services de police insuffisamment préparés pour les situations d'urgence

Les services de police insuffisamment préparés pour les situations d'urgence
23 juil. 2013 à 02:55 - mise à jour 23 juil. 2013 à 13:10Temps de lecture2 min
Par Belga News

Le Comité P a étudié la capacité de réaction de la police dans des situations telles qu'une catastrophe ferroviaire, une importante explosion au gaz ou des attentats. Et il relève dans son rapport final de nombreux manquements. Lors d'un première enquête réalisée en 2009, le Comité P avait constaté que l'organisation d'exercices de préparation à ce type de situations ne se déroulaient déjà plus partout. Par ailleurs, dans certains cas, les policiers étaient au courant du scénario de l'exercice avant d'y participer.

Le manque de coordination

D'après le Comité P, le manque de coordination entre les services diminue l'efficacité des interventions en situation d'urgence. Jérome Aoust, Secrétaire national du syndicat National du Personnel de Police et Sécurité (SNPS), revient sur le manque d'exercices. "Sur le terrain, on fait travailler des corps de métier différents (domaine médical, ambulances, pompiers, protection civile et police), qui n'ont pas les mêmes méthodes de travail et de communication. Il faut donc s'exercer à travailler ensemble".

En 2011 et 2012, le nombre d'exercices catastrophes a augmenté mais la police n'a pas pû en tirer suffisemment de leçons puisque sur les 429 exercices catastrophe organisés, seuls 59 rapports d'évaluation ont été rédigés. Selon le Comité P, la Belgique a besoin d'une institution qui tirerait les leçons des exercices mais qui agirait aussi préventivement. Une plate-forme d'information digitale sur les situations d'urgence devrait par ailleurs être mise en place.

Défaillance du réseau Astrid

De manière générale, le Comité P conclut que le service de communication Astrid est parfois défaillant. "Ce système nous avait été présenté comme le système de communication le plus efficace au monde mais aujourd'hui, on peut dire que c'est aussi le plus cher, d'autant plus qu'il ne permet pas une efficacité garantie en cas d'accident grave", explique le secrétaire national du syndicat SLFP, Vincent Houssin.

Reste donc à plancher en priorité sur un système de communication commun plus efficace, mais aussi sur une platteforme unique d'information numérique pour améliorer encore nos services en cas d'intervention urgente.

Mieux renforcer le service

La ministre a l'intention de proposer à la rentrée un "cycle de formations complémentaires et continuée" aux autorités locales, à savoir les bourgmestres et les personnes en charge des plan d'urgence. Par ailleurs, Joëlle Milquet édictera des "recommandations et circulaires" relatives au "nombre d'exercices par an et aux différents thèmes".

Enfin, à des fins d'"évaluation", la ministre proposera l'envoi de représentants du centre de crise en soutien des équipes en action sur le terrain local. Joëlle Milquet a rappelé avoir décidé après la catastrophe ferroviaire de Wetteren la mise en place d'experts indépendants chargés de l'évaluation. Cela vise la sécurité civile mais en l'espèce les policiers ont également à travailler sur la sécurité, a-t-elle précisé.

Commentant les réformes qu'elle envisage, la ministre a indiqué ne pas avoir pu s'imprégner du rapport du Comité P. Elle a ajouté que pendant l'année et demie qui s'est écoulée depuis son entrée en fonction ministérielle, elle a eu à gérer une série de catastrophes (tuerie de Liège, accident ferroviaire de Wetteren, accident de car de Ranst) et qu'aucun de ces événements n'avait conduit à constater un problème de compétences. "Il faut aussi pouvoir dire ce qui va", a-t-elle mis en avant.

I.L. avec Q Warlop et Belga

Rapport alarmant du comité P

Pour voir ce contenu, connectez-vous gratuitement

Terrorisme: la Belgique mal préparée

Pour voir ce contenu, connectez-vous gratuitement

Sur le même sujet

Kern: accord sur les principes généraux de l'optimisation de la police

Belgique