Monde

Les Etats-Unis rallient 10 pays arabes contre les jihadistes

Carte des zones de contrôle de l'Etat islamique en Irak et en Syrie
11 sept. 2014 à 21:57 - mise à jour 12 sept. 2014 à 04:52Temps de lecture3 min
Par AFP

Pour Barack Obama, c’était une question cruciale de légitimité.

Outre les alliés occidentaux comme la France ou la Grande-Bretagne, il fallait que les pays arabes participent à cette coalition. L’objectif semble atteint puisqu’ils sont dix à s’y joindre : notamment l’Egypte, l’Irak, la Jordanie, Le Liban et six du Golfe, dont l’Arabie saoudite.

Le pays sunnite sera un acteur clé de cette coalition. Il marque un rapprochement important avec les Etats-Unis. Certaines familles saoudiennes sont accusées de financer l’Etat islamique mais le pays, lui-même menacé par les djihadistes, a clairement pris position contre l’organisation terroriste.

Du point de vue de la diversité, les exigences américaines sont remplies pour cette coalition. Mais qu’elle soit officielle ou officieuse, la participation du voisin iranien semble indispensable.

Enfin, le rôle de chacun dans cette opération reste encore flou. Pour l’heure, ces pays se sont engagés à participer "par de nombreux aspects" à la lutte contre l’Etat islamique. Mais seule la France s’est montrée plus explicite : elle pourrait mener des frappes aériennes, si nécessaire.

La Syrie exige d'être associée à toute action contre l'Etat islamique sur son territoire

Le régime de Bachar el-Assad a prévenu Washington que toute action sans son accord serait considérée comme une attaque. Damas veut se poser en partenaire des Occidentaux contre les "terroristes", terme qui englobe tous les rebelles qui se battent contre le régime.

La Russie, alliée à Bachar el-Assad, a aussi mis en garde. Des frappes en Syrie sans l'accord de Damas, ou sans le feu vert du Conseil de sécurité de l'ONU, constitueraient une violation grossière du droit international. Or, Moscou a systématiquement bloqué toute résolution du Conseil de sécurité défavorable à Damas.

Hollande en Irak vendredi

Présente à Jeddah, la Turquie a confirmé qu'elle ne prendrait pas part aux opérations armées, se concentrant "entièrement sur les opérations humanitaires".

En Europe, l'Allemagne a exclu de participer à des frappes en Syrie. "On ne nous l'a pas demandé et nous ne le ferons pas", a dit son chef de la diplomatie Frank-Walter Steinmeier.

Le Premier ministre britannique David Cameron a en revanche dit ne "rien" exclure, son chef de la diplomatie ayant cependant affirmé que Londres ne participerait pas à des opérations en Syrie.

De son côté, le président français François Hollande exposera sa position au cours d'une visite en Irak ce vendredi. Son chef de la diplomatie Laurent Fabius a indiqué que la France participerait "si nécessaire à une action militaire aérienne" en Irak.

Hollande en Irak

Pour voir ce contenu, connectez-vous gratuitement

L'Australie relève son niveau d'alerte

L'Australie, engagée aux côtés des Américains dans la lutte contre le mouvement radical islamiste EI (Etat islamique), a relevé vendredi son niveau d'alerte face à la menace terroriste représentée par les combattants australiens jihadistes de retour au pays après avoir participé au jihad en Irak ou en Syrie.

C'est la première fois depuis 2003 que Canberra relève son niveau d'alerte de "moyen" à "élevé". Cela signifie que, sans nécessairement être imminent, "un attentat terroriste est probable".

"Certaines personnes ont l'intention et la capacité d'organiser des attentats ici en Australie", a précisé vendredi le Premier ministre Tony Abbott, au cours d'une conférence de presse.

Entre 20 000 et 31 500 combattants en Irak et Syrie

L'Etat islamique (EI) compte "entre 20 000 et 31 500" combattants dans ses rangs en Syrie et en Irak, selon la nouvelle estimation de l'agence américaine du renseignement (CIA), dont l'évaluation précédente évoquait le chiffre de 10 000 jihadistes membres de l'EI.

La CIA attribue cette hausse à "un recrutement plus vigoureux depuis le mois de juin, après des victoires sur le terrain et la proclamation du califat, une activité plus intense dans les combats et de nouvelles sources de renseignement".

L'Etat islamique a proclamé un "califat" à la fin du mois de juin avec à sa tête son leader, l'Irakien Abou Bakr al-Baghdadi. Ce "califat" s'étend sur de larges zones d'Irak et de Syrie conquises par ses combattants.

 

RTBF et AFP

Sur le même sujet

Syrie: une ville clé assiégée par les jihadistes de l'"Etat islamique"

Monde

Appel à l'unité de deux branches d'Al-Qaïda contre la coalition anti-EI

Monde