Les détenus peuvent gagner jusqu'à 300 euros en prison

Le travail en prison

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En Belgique, 3800 prisonniers travaillent en établissement pénitentiaire. De nombreuses entreprises s'adressent aux prisons afin d'y trouver une main d'oeuvre bon marché. A côté de ce travail en atelier, il existe aussi le travail domestique, pour le compte de la prison.

Un travail varié

Leurs tâches sont de diverses natures. Manuelles : emballage, pliage, montage, assemblage, collages, découpe,... Techniques : montages électriques, encodage de données, scanning de documents et triage. Industrielles : menuiserie, forge, imprimerie, exploitation agricole, confection, fromagerie. Domestiques : cuisine, buanderie, nettoyage, distribution de nourriture.

A la prison de Marche-en-Famenne, ils sont 310 détenus. Parmi eux, 40 ont choisi de travailler dans les ateliers et 94 dans les travaux domestiques.

Nous rentrons dans un atelier. Une vingtaine de détenus emballe des capsules de café qui proviennent d'une entreprise verviétoise. L'un d'entre-eux se confie à nous. Il a déjà fait 7 ans de prison. Il a été condamné à 30 ans pour meurtre. "Travailler, ça permet de sortir de ses murs. Même si on est détenu, le fait de travailler fait du bien. On se sent utile. Moi, je gagne entre 250 et 270 euros par mois. Ca me permet de payer les dommages et intérêts que je dois à la société, et aussi ma télévision, mon shampoing,...". Les détenus sont, soit payés à l'heure (2 euros), soit à la pièce (entre 2 et 3 euros).

Si les entreprises y trouvent leur compte en ayant une main d'oeuvre bon marché, elles restent relativement discrètes, de peur d'entacher leur réputation. Le prisonnier poursuit : "Le fait de donner du travail aux prisonniers, ce n'est pas toujours bien perçu de l'extérieur".

Concurrence déloyale?

Les entreprises de travail adapté parlent de concurrence déloyale. Nicolas Leroy, le directeur de Cellmade Liège-Luxembourg, régie du travail pénitentiaire, explique : "Les entreprises de travail adapté parlent en effet de concurrence déloyale, mais il s'agit en fait de concurrence tout simplement. Auparavant, elles avaient le monopole et ce n'est plus le cas maintenant. Tout le monde a le droit de donner du travail aux détenus".

En effet, le travail pénitentiaire est un droit pour le détenu (loi de principe) et est réglementé par une loi et ses arrêtés d'exécution.

Pas assez de travail

Nicolas Leroy, le directeur de Cellmade Liège-Luxembourg (régie du travail pénitentiaire) est toujours à la recherche d'entreprises qui proposeraient du travail aux prisonniers. "En Wallonie, nous sommes à 500 équivalents temps-plein. On a la possibilité d'en avoir 900. Les infrastructures permettent encore de doubler le travail en atelier. Contrairement aux prisons flamandes qui sont au maximum de leur possibilité".

Travail domestique

Cependant, il n'y a pas que le travail proposés par les entreprises. Au sein de la prison, le détenu a également la possibilité d'effectuer un travail domestique, comme le service des repas et le nettoyage... C'est ce qu'a choisi Kevin, même s'il ne gagne, qu'1 euro de l'heure : "Je préfère travailler en solitaire, plutôt que de me joindre aux autres. Evidemment, je gagne nettement mois qu'eux. Je touche 1 euro de l'heure, mais ce n'est pas grave".