Les 6 commandements de George Michael

Les 6 commandements de George Michael

24 déc. 2021 à 23:00Temps de lecture4 min
Par Frédéric Vandecasserie

    Il y a 5 ans le 25 décembre 2016, ça sent le sapin pour les fans de pop. George Michael est retrouvé mort dans son lit par son compagnon Fadi Fawaz. La cause du décès a été confirmée quelques mois plus tard : mort naturelle. Et ce qui a aussi été confirmé dans la foulée, c’est le montant très impressionnant de l’héritage laissé par George. Un chiffre mirobolant de 175 millions de livres (soit près de 210 millions d’Euros) dû à des chansons impérissables, mais aussi à un chanteur version boulier compteur et fameusement businessman à ses heures. Dont la carrière a toujours répondu aux six commandements suivants.

    Pete Still/Redferns/Getty Images Sur scène avec Wham !

    Des chansons que l’on réécoute chaque année tu enregistreras…

    Chanson de Noël autant que complainte d’un amour déçu, le " Last Christmas " de Wham ! s’est vendu à 1,8 million d’exemplaires depuis sa sortie, et continue à s’écouler encore un peu plus chaque année. Par ailleurs, depuis sa sortie en 1984, ce morceau génère aussi à peu près 500.000 euros de droits par an quand il passe à la radio, à la télé ou qu’il est utilisé pour illustrer une publicité quelconque. Mais ces droits, eux, sont reversés à une œuvre de charité chaque année, selon le contrat conclu à la sortie du disque.

     

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    Les Etats-Unis, tu vas tout faire pour conquérir

    Bien que Wham ! a déjà signé quelques cartons en Europe (avec " Young Guns " et " Bad Boys ", notamment…), George Michael et Andrew Ridgeley ne cartonnent pas encore aux Etats-Unis. Et en font une obsession, voire une frustration si pas un complexe d’infériorité. D’autant plus qu’ils savent pertinemment bien qu’un succès chez l’Oncle Sam signifie des ventes démultipliées. Ils vont donc jusqu’à étudier les morceaux qui cartonnent là-bas, de manière scientifique. " On regardait tout ce qui cartonnait outre-Atlantique pour essayer de décrypter ça. L’Amérique, c’était clairement un objectif en soi ", expliquera d’ailleurs souvent Ridgeley par la suite.

    Ils finissent par composer " Wake Me Up Before You Go-Go ", qui leur ouvrira enfin bien grandes les portes de l’Amérique tout entière. Ce titre est inspiré par une note que Ridgeley a laissée à sa mère : fatigué d’une soirée en boîte, il avait écrit " up up " (" que l’on traduirait par " réveille-moi "…) dans un état somnolent. Et a ajouté " go go " en guise de blague. " Je pense que " Go-Go " est sans aucun doute la chanson de Wham ! dont on se souvient le plus, parce qu’elle est plus étrange que tout le reste de ce que nous avons fait ", a dit un jour Michael en plaisantant à moitié. L’opération, elle, est en tout cas réussie ! Avec une troisième place dans le top 100 américain et près de 2 millions d’exemplaires vendus.

    Par ailleurs, ce titre continue à générer de juteux droits d’auteur puisqu’il passe encore régulièrement à la radio et a servi de fond sonore à des films comme " Zoolander ", " L’Arnacoeur " ou encore le " Ready Player One " de Spielberg.

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    Bill Tompkins/Getty Images New York New York !

    Toujours tu te diversifieras… avec toi-même de préférence…

    A côté des chansons, George a aussi signé des contrats très mirobolants avec… ses sociétés en vertu de montages financiers légaux mais vérifiés par des armées d’avocats. Et notamment avec sa propre société, " Nobby’s Hobbies Holdings, " qui lui a versé 20 millions d’Euros pour la gestion de ses droits dérivés avant de sombrer (mais c’est une autre histoire !), ou encore avec " sa " " Bip Geoff Overseas " pour 10 millions d’Euros et la gestion de ses produits dérivés.

    On notera aussi qu’après deux ans de bagarre juridique avec Sony Music, Mister Michael rejoindra Geffen et palpera 10 millions d’euros sans même encore avoir enregistré la moindre note. Mais juste comme " remerciement " pour avoir rejoint l’écurie de David Geffen, de toute façon milliardaire vu qu’il avait découvert et sorti Nirvana ou encore Guns N’Roses.

     

    George Michael
    George Michael Getty Images – Michael Putland George passe à l’orange !

    Relativement rare tu te feras…

    Alors qu’il n’avait plus donné de concerts depuis le " Cover to Cover Tour " de 1991, il reprend la route seulement en 2006 pour terminer cette nouvelle tournée en 2008. Et les attentes sont évidemment énormes. Résultat : le " 25 Live Tour ", avec 106 concerts (tous complets, dont des passages à Anvers en 2006 et 2007), 2 millions de spectateurs, 41 pays visités, et plus de 200 millions de chiffre d’affaires global dont 60 juste pour lui. Cette tournée se sera d’ailleurs sacrée " la plus rentable de 2006 ". Tout est dit !

     

    L’argent, tu iras chercher là où il se trouve…

    Certains artistes se parent d’une éthique certaine (Radiohead, notamment…) et ont promis juré de ne jamais donner de concert privé frayant avec le grand capital. George Michael, lui, a souvent chuchoté à l’oreille des puissants du business, même s’il s’en est parfois défendu. N’empêche ! Durant le " 25 Live Tour " le 31 décembre 2006, direction une île privée de l’océan indien pour l’anniversaire de l’homme d’affaires russe Vladimir Potanin. Il y donne un concert très confidentiel de 13 titres pour une centaine d’invités. Sa prestation sera facturée 2,5 millions d’euros. Un peu plus tard (le 15 mars 2007), il se rend aux Maldives pour un concert en marge des célébrations du 55ème anniversaire de Sir Philip Green, entre autres propriétaires de la chaîne de prêt-à-porter " TopShop ". Là, on parle carrément de 3 millions d’euros !

    George Michael Press Conference
    George Michael Press Conference Dave M. Benett/Getty Images Un peu de sérieux…

    Mais, avant tout, un musicien exceptionnel tu resteras…

    Pour autant, si George Michael était un homme d’affaires avisé, il reste avant tout (et surtout !) l’un des plus grands musiciens de l’histoire de la pop. Au final, il n’aura sorti " que " quatre albums avec Wham et cinq en solo, mais il faut y rajouter des compilations, des enregistrements live omniprésents et des duos étourdissants, notamment avec Aretha Franklin pour le titre " I Knew You Were Waiting (For Me) ", qui lui vaudra son premier Grammy Award dès 1987.

    Bref, ce touche-à-tout de génie aura signé des morceaux d’anthologie en matière de pop (" Careless Whisper "), ou de rock teinté de funk (" Faith "). Quant à " I Want Your Sex ", plus de 30 ans après sa sortie, le titre sonne encore très juste comme l’hymne à la monogamie tel que pensé par Michael dès la sortie de la chanson. " L’accent de la campagne contre le sida a été mis sur les rapports sexuels protégés, mais la campagne est passée à côté des relations humaines, de l’émotion et de la monogamie. " I Want Your Sex ", c’est attacher le désir à l’amour, pas seulement à des inconnus d’un soir ", expliquait-il alors, clairvoyant, une fois de plus !

    Vente collection d'art George Michael chez Christie's

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